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A l'Institut de recherche IDIAP à Martigny, la voix s'invite sur Internet

Dans "2001" (1968), les astronautes de Kubrick parlent à leur super-ordinateur. Trente-deux ans plus tard, la réalité se rapproche de la fiction. (archives Keystone)

Parler à votre ordinateur, sans souris ni clavier, c'est pour demain. La reconnaissance vocale avance à pas de géants. Martigny, en Valais, abrite l´une des deux ou trois meilleures équipes de chercheurs au monde dans ce domaine.

Récemment le magazine spécialisé " L'ordinateur individuel " testait ViaVoice Millennium, la dernière version du programme de reconnaissance vocale d'IBM, capable de surfer sur Internet. Il suffit de lire à haute voix des liens hypertextes pour que ce logiciel, vendu 150 francs, ouvre automatiquement le document qui s'y rattache.

Bref, fiable à 95 pour cent, ViaVoice pourrait presque remplacer la souris. Mais il faut " parfois répéter plusieurs fois avant qu'il n'affiche la page souhaitée ", reconnaît le magazine. Malgré tout, la reconnaissance vocale, dont les premières traces d'expériences réussies remontent à 1940, réalise depuis quelques années des progrès considérables.

Les chercheurs américains et européens se trouvent, en gros, au même niveau. " Mais nous avons dix ans de retard dans le développement des produits ", regrette le professeur Hervé Bourlard, qui dirige à Martigny, l'Institut Dalle Molle d'Intelligence Artificielle Perceptive (IDIAP).

Ce Belge de 44 ans, éditeur en chef de la revue internationale " Speech Communication ", enseigne lui-même à Berkeley. " Il n'est pas rare que mes chercheurs soient débauchés à prix d'or par des sociétés américaines. Elles ont compris que la reconnaissance vocale va constituer l'élément clé des téléphones mobiles de demain ", ajoute le directeur de cette fondation de recherche aussi discrète que renommée dans le monde entier.

Comme les téléphones portables deviennent de plus en plus petits, il faudra demain des cure-dents pour taper sur les claviers. Plutôt que de tenter de composer avec ses gros doigts un numéro de téléphone, mieux vaut prononcer " maison ", " bureau ", " Gilbert " ou " Anne-Marie ".

Mieux, il existe déjà aux Etats-Unis depuis cet été des portails vocaux. Depuis un téléphone portable ou fixe, en composant un simple numéro de téléphone, vous pouvez demander à un ordinateur les cours de vos actions en Bourse, l'état du trafic routier dans votre région, ou les résultats d'un club de basket.

" L'important, c'est d'accéder à n'importe quel type d'infos, n'importe où dans le monde, grâce à son ordinateur, à son téléphone, ou à un autre terminal, comme la TV ", note Hervé Bourlard. Et cette information, on devra pouvoir y accéder grâce à un clavier, ou par la voix.

Les chercheurs de l'IDIAP ont d'ailleurs mis au point un serveur vocal capable de livrer tous les renseignements désirés sur les restaurants de Martigny. Dès la fin de l'année, sur simple appel téléphonique, un ordinateur saura vous donner la spécialité d'un établissement, vous décrire le menu et expliquer la marche à suivre pour arriver jusqu'à sa porte.

L'IDIAP, fondé par la ville de Martigny, l'Etat du Valais, l'EPFL, l'Université de Genève et Swisscom, a créé la société VOxcom afin de " favoriser le transfert technologique au travers de partenariats industriels ". En d'autres termes, la fondation de recherche a décidé dorénavant de commercialiser ses propres " inventions ".

Ian Hamel



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