A New Delhi , raclettes et chameau pour Saint-Nicolas

Kumar, responsable des raclettes depuis des années! swissinfo.ch

C'est l'un des deux événements qui réunissent chaque année la communauté suisse de New Delhi. Samedi 6 décembre, une centaine de personnes s'est retrouvée dans les jardins de l'ambassade pour fêter la Saint-Nicolas. Ambiance.

Ce contenu a été publié le 13 décembre 2008 - 10:25

Une chaude journée de décembre: à New Delhi, on s'est promené en T-shirt, le soleil a brillé pendant des heures... on se sent très loin de Noël. Et pourtant, c'est déjà la Saint-Nicolas.

Dans le jardin de l'ambassadeur, les invités boivent du vin chaud et du ponch aux pommes. Sur les tables, des cacahuètes et des mandarines... comme en Europe. «Je me sens en Suisse», sourit Santanu Mukherjee, un Indien qui a habité plusieurs années en terre helvétique, «à cause des gens, de la nourriture, de l'ambiance familiale...»

L'ambassadeur et sa femme sont absents. Les familles arrivent, prennent un verre, discutent. Sans formalités. Ça sent la cannelle. Ou peut-être le clou de girofle... enfin, une odeur familière. Les enfants courent sur la pelouse. Ils jouent en français, en allemand ou... en anglais, pour ceux qui habitent en Inde depuis longtemps. Ce soir, ce sont eux les rois de la fête.

Deux hôtes d'exception

Mais on attend deux hôtes d'exception: Saint-Nicolas et le Père Fouettard. Et pas question qu'ils passent inaperçus. Nous sommes en Inde, donc autant utiliser un moyen de transport local. Exit le traîneau, voici le chameau. Les enfants sont aux anges, ils font des grands signes de main au passager de l'animal. «A l'ambassade allemande, il arrive en éléphant», me glisse un papa en souriant.

Saint-Nicolas s'installe dans son siège, à côté de la cheminée, et c'est parti pour la tournée cadeaux. Un à un, il appelle les enfants assis en rond autour de lui. «Il paraît que tu lis beaucoup... même au petit-déjeuner... Et même en marchant ?!» Petit signe de dénégation de l'enfant incriminé. «C'est très bien de lire», le rassure Saint-Nicolas, «mais pas au petit déjeuner!» Tout intimidé, le petit Daniel repartira quand même avec son paquet.

Difficile d'attendre que la trentaine de mômes soit entendue par le monsieur à capuche rouge. Très vite, le jardin est pris d'assaut par ceux qui ont déjà reçu leur dû – un sac de bonbons et chocolats, en forme de chaussure et tissu écossais... Certains s'offrent même un tour en chameau, vite fait, avant que Saint-Nicolas ne reparte avec. «Tu te souviens, il y a deux ans, comme tu avais honte quand le Père Noël t'a appelée?», se moque le papa de Catalina, 18 ans. «Mais pourquoi vous m'aviez mise sur la liste?!», s'étonne la jeune fille, maintenant du côté des grands, un verre de vin chaud à la main.

Fromage, quand tu nous manques

Si les petits sont venus pour Saint-Nicolas, les grands, eux, sont attirés par la nourriture. «Ah, cette odeur de raclette!», se réjouit Marc, qui a quitté la Suisse il y a vingt ans. «Il y a même des Wienerli, elles sont excellentes», conseille une Zurichoise à sa voisine.

Les amateurs se succèdent devant les fours à raclette. Pas les fours traditionnels, non – trois appareils Tefal, ceux que les familles suisses possèdent toutes dans leur cuisine. L'avantage? C'est beaucoup plus rapide quand il faut nourrir une horde de cent Helvètes en manque de fromage !

Quiche aux oignons, gâteau aux carottes, milanais, tout a été fait pour rappeler la mère patrie. Un regret tout de même: «Mais où est le vin blanc?!» demandent Pascal et ses amis.

Un joyeux mélange

Sur le parterre, il n'y a que six tables: pas assez pour tous les invités. Du coup, les mangeurs jouent aux chaises tournantes, ils s'asseyent sur les sièges laissés vides par les gourmands qui ont été se resservir. Et au retour des premiers occupants, on se pousse, on se fait une place. Et les groupes se mélangent.

Quelle langue parlent une Neuchâteloise et une Zougoise quand elles se rencontrent à Delhi? Anglais, évidemment. «J'ai appris le français à l'école, mais c'était il y a bien longtemps, j'ai tout oublié», s'excuse l'alémanique. Ces deux femmes font partie des piliers de la communauté suisse en Inde. L'une est arrivée en 1952, la deuxième en 1962. Elles ont épousé des Indiens et ne sont jamais rentrées au pays. «On s'est déjà rencontrées il y a des années, mais on ne s'était plus jamais vues. Et là, voilà, on tombe l'une sur l'autre!» s'exclame Yvonne.

«Excusez-moi, je dois aller parler à cette dame», s'excuse notre Neuchâteloise en s'éloignant, «elle a des problèmes de visa, je peux peut-être l'aider». Les conseils et coups de pouce pour les nouveaux arrivants, c'est aussi à cela que servent les rencontres à l'Ambassade.

Estomac nostalgique

Des Suisses, des Indiens, des bébés, des grands-pères, une femme en Inde depuis deux mois, une autre qui habite le pays depuis des décennies... ce soir, une foule bigarrée s'est retrouvée pour fêter Noël ensemble, un peu en avance.

Finalement, c'est l'occasion de se retrouver entre compatriotes, quand on est loin de la famille. Pour beaucoup, tout de même, la fête a perdu de son importance au fil des ans. C'est avec l'arrivée des enfants qu'on se remet à fêter Noël.

Et il faut bien l'avouer: l'estomac, lui, reste nostalgique. Comme le résume cette femme, qui demande à son mari au moment du départ: «Alors, c'était sympa, tu as bien mangé?»

swissinfo, Miyuki Droz Aramaki à New Delhi

Saint Nicolas

La tradition de Saint Nicolas trouve son origine auprès de l'évêque de la ville de Myre, en Asie Mineure (Turquie actuelle).

Saint Nicolas (qui vécut entre les 3e et 4e siècles) serait décédé apparemment un 6 décembre. Ce serait donc pour cette raison qu'on célèbre la Saint-Nicolas ce jour-là.

Sa vie et ses actes sont entourés de légendes. Notamment celle qui veut que le saint ait ressuscité trois petits enfants qui étaient venus demander l'hospitalité à un boucher. Celui-ci les avait découpés en morceaux pour les mettre au saloir!

Reconnu pour sa générosité, Saint-Nicolas devint, au Moyen Âge, le patron des petits enfants puis des écoliers.

Après la Réforme protestante survenue au XVIe siècle, la fête de Saint Nicolas fut abolie dans certains pays européens, mais subsista dans d'autres régions.

La légende du Père Noel a été crée à partir du personnage de Saint Nicolas, devenu Santa Claus aux USA, où ila vait été 'exporté' par les émigrants hollandais notamment. SSaint Nicolas est donc, en quelque sorte, l'ancêtre du Père Noel.

La Saint Nicolas est fêtée en Suisse, et particulièrement à Fribourg, ville dont saint Nicolas est le «saint patron».

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