Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

A Pâques, la montagne reste dangereuse

Cet hiver, 25 personnes ont perdu la vie dans des avalanches.

(Keystone)

Epais manteau neigeux et températures clémentes se sont donnés rendez-vous pour Pâques. Les conditions de glisse sont optimales. Les risques d'avalanche, eux, sont qualifiés de moyens. Mais la prudence reste de mise. Les services de sécurité sont d'ailleurs sur pied de guerre.

Les stations de sport d'hiver se réjouissent déjà: les carnets de réservation laissent présager d'une bonne affluence pour le week-end de Pâques. Et, sans être exceptionnelles, les conditions d'enneigement sont généralement bonnes.

Les régions de l'Engadine et le sud des Alpes sont même particulièrement gâtées. Dès 2000 mètres, on peut y trouver de 2 à 3 mètres de neige. Du jamais vu depuis de nombreuses années.

Le dernier grand week-end de glisse s'annonce donc prometteur et sans contre indications majeures. Selon les spécialistes, les risques d'avalanche restent peu prononcés. «Nous sommes dans une situation de risque moyen, affirme Hans-Jürg Etter, prévisionniste à Institut pour l'Etude de la neige et des avalanches. Et, durant les prochains jours, la situation peut encore de s'améliorer.»

Pour autant, les professionnels du sauvetage ne sont pas rassurés. «En Valais, nous bénéficions d'un enneigement moyen. Mais, il ne faut pas sous-estimer les vents, particulièrement violents ces derniers jours», explique Jacky Michelet, directeur de l'organisation cantonale valaisanne des secours. «En quelques heures, ils sont capables déposer une couche deux fois plus épaisse sur les versants opposés.»

Et, les professionnels le savent bien, l'épaisseur du manteau neigeux, allié aux températures et la topographie du terrain, sont autant de paramètres qui peuvent influencer la formation d'une avalanche.

La douceur printanière fait figure d'arme à double tranchant. «Dans un premier temps, la chaleur tasse la neige et limite les risques, explique Jacky Michelet. Mais, un réchauffement trop rapide ou trop important augmente aussi le danger de glissement. C'est dire combien il est difficile d'évaluer les risques avec précision.»

Chaque versant de montagne recèle, en effet, ses propres périls. Et seul les professionnels expérimentés et proches du terrain sont capables de les évaluer avec plus ou moins de justesse. Pour les autres adeptes des cimes enneigées, la seule valeur sûre reste la piste balisée.

Le hors piste, lui, est trop souvent synonyme de risque. Durant la saison de ski en cours, 25 personnes ont déjà perdu la vie dans des avalanches. Dans la quasi-totalité des cas, les victimes se trouvaient hors de la zone sécurisée. Et, elle ont déclenché, elles-même, la coulée de neige meurtrière.

Mais, les professionnels le savent bien, les amoureux de la glisse sont toujours plus nombreux à quitter les sentiers battus. «Les sports d'hiver se sont banalisés, déplore Jacky Michelet. Et, à force d'emprunter des pistes parfaitement sécurisées, les gens ont fini par oublier que la montagne présentait également des dangers». Et, cet amoureux de la montagne de rajouter: «Ils ont aussi un besoin d'évasion parfaitement légitime. Nous ne pouvons pas tout interdire.»

Il est d'autant plus difficile d'interdire le hors piste que la plupart des stations de sports d'hiver n'hésitent pas à vanter ses attraits. Poudre, extrême, espace vierge et liberté sont les slogans les plus répandus pour attirer les skieurs.

«Le hors-piste fait rêver et vendre l'image des stations, déclare Jaggi Hans, administrateur du secteur sauvetage au Ski club alpin. Dans ces conditions, il est difficile pour elles d'adopter un langage clair en matière de sécurité.»

Vanda Janka


Liens

×