Accord aérien: la balle est dans le camp suisse

L'accord germano-suisse a opposé la droite et la gauche au Bundestag, la Chambre basse du Parlement allemand. Keystone Archive

Les députés allemands ont ratifié vendredi l'accord aérien germano-helvétique après un débat animé. Et appelé la Suisse à faire de même.

Ce contenu a été publié le 17 mai 2002 - 18:10

Après un débat controversé, les fractions du SPD (sociaux-démocrates), des Verts et du PDS (néocommunistes) ont voté en faveur de l'accord. Celles du CDU/CSU (chrétiens-démocrates) et du FDP (libéral) l'ont rejeté.

Signé en octobre après trois ans de négociations, cet accord germano-suisse limite le survol du territoire allemand pour les avions à destination de Kloten à 100 000 vols par an.

Il prévoit en outre une interdiction des vols nocturnes dès 22 heures la semaine et dès 20 heures le week-end.

Son entrée en vigueur est prévue pour 2005. Pour autant, bien sûr, que les Suisses l'acceptent aussi.

Préjudiciable à la Suisse

Et là, la partie n'est pas gagnée. Dès sa signature, Unique (la société qui gère l'aéroport de Zurich) est partie en guerre contre la ratification d'un texte qu'elle estime préjudiciable à la Suisse.

Elle a été suivie par la compagnie aérienne nationale (devenue Swiss), par le gouvernement zurichois, le Parti radical, l'Union démocratique du centre et les démocrates-chrétiens.

A l'instar de leurs collègues allemands, les socialistes suisses, eux, continuent à défendre le compromis négocié par leur ministre des Transports Moritz Leuenberger. En argumentant que cela vaut mieux qu'une confrontation avec l'Allemagne.

Mais, fin avril, la Commission des transports du Conseil national a, à son tour, dit non à l'accord germano-suisse. Un non de justesse, à une voix près. Mais qui augure assez mal des débats devant les Chambres fédérales, le mois prochain.

Un avertissement aux Suisses

Raison pour laquelle le ministre allemand des transports Kurt Bodewig a lancé vendredi devant les députés du Bundestag (chambre basse du parlement) un avertissement aux Suisses.

«En cas de rejet de l'accord par la Suisse, a déclaré Kurt Bodewig, la question sera réglée par une ordonnance à un tout autre niveau.»

Quant aux Verts allemands, ils ont prévenu la Suisse de ne pas nourrir «de fausses et illusoires attentes». Ils estiment que de nouvelles négociations n'aboutiraient pas à une meilleure solution pour les Suisses.

Et de conclure: «ce compromis est équitable. Il a également des répercussions négatives du côté allemand.»

D'ailleurs, la fraction CDU/CSU (chrétiens-démocrates) estime que le texte ratifié par le Bundestag est «une claque retentissante» pour la population frontalière allemande.

swissinfo avec les agences

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article