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Action commando au Palais fédéral pour condamner les prisons turques

Les manifestants étaient non seulement à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur du Palais fédéral.

(Keystone)

Des militants de gauche ont protesté mardi contre les conditions de détention en Turquie. A Zurich, mais aussi à Berne où ils ont investi le Palais fédéral. Ils ont quitté les lieux après avoir négocié leur sortie. La Suisse plaidera leur cause à Ankara.

Les services de sécurité n'y ont vu que du feu. Profitant d'une visite guidée dans le Palais fédéral, une dizaine de manifestants d'origine turque ont réussi à s'enfermer dans l'antichambre du Conseil des Etats.

Le groupe, qui se réclamait d'un «comité de résistance contre les cellules de la mort», a scandé des slogans contre la Turquie depuis les fenêtres qui donnent sur la Place fédérale. Ils y ont aussi accroché un calicot exigeant «stop aux massacres en Turquie».

L'action a durée un peu plus de deux heures. Les grenadiers bernois n'ont mené aucune action pour les déloger. Les protestataires menaçaient de se jeter du premier étage.

L'issue pacifique de ce bras de fer, on la doit à l'ambassadeur Christian Blickenstorfer. Il a obtenu, après négociation, le départ de ces activistes.

Ils ont quitté dans le calme le Palais fédéral et sans être interpellés par la police. Une plainte a été néanmoins déposée contre eux pour violation de domicile.

En échange, Christian Blickenstorfer leur a promis que l'ambassadeur de Suisse à Ankara allait demander des explications aux autorités turques sur les incidents dans les prisons.

A Zurich, les événements ont pris une tournure un peu plus tragique. Des affrontements ont opposé une centaine de Turcs et des membres de la scène autonome aux forces de l'ordre. Une femme policier a été blessée à la jambe.

Ces manifestations, menées aussi à Paris, sont liées à la grève de la faim menée par des prisonniers politiques dans plusieurs prisons turques.

Depuis deux mois, plus de mille prisonniers observent une grève de la faim pour protester contre des transferts prévus vers de nouvelles prisons.

Les détenus sont actuellement logés dans des dortoirs bondés, qui abritent jusqu'à cent personnes et sont souvent dirigés par des groupes politiques ou des organisations criminelles.

Le nouveau système, dont le but est de briser l'influence de ces groupes, prévoit des cellules occupées par une à trois personnes. Les prisonniers affirment cependant que l'isolation les rend vulnérables aux mauvais traitements.

La semaine dernière, le gouvernement avait offert de retarder la mise en service des nouvelles prisons, mais les grévistes avaient refusé de mettre fin à leur action, exigeant que les autorités renoncent complètement aux transferts et abolissent la loi anti-terroristes.

Dans plusieurs prisons, dont celle de Bayrampasa, à Istanbul, où certains dortoirs échappaient aux inspections des autorités depuis plusieurs années, les détenus, armés, continuent de résister à l'intervention des forces de l'ordre.

A la suite de l'opération policière, de nombreux détenus ont été transférés dans les nouveaux pénitenciers et des dizaines de grévistes de la faim ont été hospitalisés.

Plusieurs militants sont dans un état critique mais continuent cependant de refuser toute forme de traitement. Certains détenus ont atteint le 61e jour de leur jeûne.

Pour pallier la situation tendue dans les prisons surpeuplées, le gouvernement prévoit également une amnistie très controversée qui permettrait de libérer sous peu quelque 35 000 prisonniers. L'amnistie partielle ne s'étendrait cependant pas aux détenus politiques.

swissinfo avec Nicole Pope à Istanbul

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