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Adolf Ogi en première partie du Sommet européen

Au sommet de Nice, la Suisse sera absente de la suite des discusions

(Keystone)

La Suisse aura droit à un avant-goût du Sommet européen de Nice. Elle est en effet associée à la Conférence européenne organisée jeudi avec les dirigeants des pays candidats. Le président Adolf Ogi doit y participer, avec un statut à part.

Deux semaines après les ministres des affaires étrangères à Sochaux, les chefs d'Etat et de gouvernement se penchent sur l'avenir de l'Union européenne. Outre les dirigeants des Quinze, la Conférence comprend les douze pays qui négocient leur adhésion, ainsi que la Turquie et la Suisse au titre de «membre désigné». Un statut hybride, à la limite de l'observateur, qui a failli empêcher la venue d'Adolf Ogi, auquel le protocole interdit d'occuper un simple strapontin.

A Sochaux, le conseiller fédéral Joseph Deiss s'était fendu d'une petite leçon de fédéralisme. A Nice, Adolf Ogi compte bien, lui aussi, exprimer son avis sur la construction européenne. L'occasion de faire une dernière apparition en beauté sur la scène internationale, à 25 jours de la fin de son mandat de président et de conseiller fédéral.

La Suisse sera absente de la suite des discussions. Mais elle les suivra de près, car elles seront déterminantes pour le futur proche de l'Union. La question du poids des petits pays sera au centre des débats.

Avec l'élargissement, l'équilibre grands-petits se modifiera considérablement. Or les grands (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Espagne) n'ont pas du tout l'intention de se faire dominer à cause d'une arithmétique subtile des décisions. Et les petits vendront chèrement leur peau.

Les négociations s'annoncent si difficiles que la conclusion d'un Traité de Nice n'est pas du tout certaine. Certes la présidence française a mis un bémol à ses ambitions initiales. Mais elle pourrait constater un échec qui équivaudrait à la poursuite du processus sous l'égide de la Suède.

Pour éviter ce scénario catastrophe, redouté par les pays candidats, la France a opté pour la méthode marathonienne. Le Sommet était censé se terminer samedi, la grande question est maintenant de savoir s'il va se prolonger jusqu'à dimanche ou lundi.

Thierry Zweifel, Nice

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