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Affaire Borodine: un avocat suisse remet Genève à sa place

Pavel Borodin, lorsqu'il était très écouté au Kremlin.

(Keystone)

Pour Dominique Poncet, avocat de Pavel Borodine, la justice genevoise devrait se concentrer sur les affaires locales et cesser de jouer les justiciers pour le monde entier. Et ce d´autant que la Russie ne reproche rien à l´ancien intendant du Kremlin.

Genrykh Pavda, l'avocat de Pavel Borodine à Moscou, a adressé deux lettres particulièrement musclées à Valentin Roschacher, le procureur général de la Confédération, et à Bernard Bertossa, le procureur général de Genève.

Il souligne que des informations publiées dans la presse le 12 septembre dernier concernant Borodine n'ont «jamais été communiquées à la Fédération de Russie».

Dans ces documents, que swissinfo a pu se procurer, Genykh Pavda ajoute qu'il a eu l'assurance, par la justice russe, que les fuites ne provenaient pas de Moscou. Il accuse donc les magistrats suisses de «violation du secret de fonction», et de faits constitutifs de «service de renseignements économiques».

«Il faut comprendre Pavel Borodine. Il n'a pas accès au dossier et il apprend par les journaux des faits qui lui seraient reprochés par des magistrats suisses», note Dominique Poncet, son avocat à Genève.

L'ex-intendant du Kremlin est soupçonné d'avoir perçu 25 millions de dollars de pots-de-vin de la société Mercata, domiciliée au Tessin.

L'avocat russe semble tout de même oublier que la commission rogatoire internationale du juge genevois Daniel Devaud est, certes, parue dans la presse suisse, (ainsi que dans des journaux italien et français), mais également dans le quotidien russe Sevodnia.

Mais pour le ténor du barreau Dominique Poncet, cette affaire montre que Genève ne peut pas se substituer au monde entier pour lutter contre la grande criminalité internationale.

«Pour pouvoir accuser Monsieur Borodine de blanchiment, il faut qu'il ait commis un crime précédemment. Or, les Russes répètent qu'ils n'ont rien à lui reprocher. D'ailleurs, il n'est pas inculpé à Moscou», souligne l'avocat.

Si Pavel Borodine se contente de porter plainte, Viktor Stolpovskikh, le patron de la société luganaise Mercata, impliqué dans la même opération, réclame, lui, 23 millions de francs de dommages et intérêts à l'Etat de Genève pour avoir paralysé ses activités depuis des mois.

Ian Hamel

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