Affaire Elf: sur les traces d'un troisième homme

La photocopie de la lettre de l'ancien directeur financier d'Elf que swissinfo s'est procurée. swissinfo.ch

Après Alfred Sirven et André Tarallo, le juge genevois Paul Perraudin tente de débusquer le propriétaire du compte suisse Arix.

Ce contenu a été publié le 03 décembre 2001 - 15:23

Le mois dernier, Alfred Sirven avait accepté de parler très longuement au magistrat genevois Paul Perraudin. Mieux, les deux hommes ont décidé de se revoir le 18 décembre à Paris. Objet de cette nouvelle rencontre: cerner le rôle exact joué par l'ancien numéro 2 d'Elf, longtemps affublé d'un chapeau trop large pour lui.

Entre autres choses, le juge Paul Perraudin va tenter d'en savoir plus sur la lettre de garantie envoyée le 30 janvier 1992 par Elf Aquitaine à la Canadian Imperial Bank of Commerce à Genève.

Un crédit de 180 millions de dollars

Cette lettre - que swissinfo a pu se procurer - est signé par Philippe Eustache, ancien directeur financier d'Elf. Et elle évoque un crédit de quelque 180 millions de dollars en faveur de Socon Ltd, une mystérieuse société domiciliée à Wickhams Cay, Road Town, Tortola, dans les Iles Vierges.

Paul Perraudin aimerait savoir dans quelles poches ces millions de dollars ont atterri. Dans celles d'Alfred Sirven? «Certainement pas», commente un proche du dossier. Et d'ajouter que l'ancien numéro 2 d'Elf a peut-être bel et bien touché deux ou trois millions, et encore. Mais que le reste a été reversé à d'autres bénéficiaires.

A Genève et à Paris, depuis quelques semaines, les magistrats Paul Perraudin et Renaud Van Ruymbeke sont en train de donner une toute nouvelle orientation à l'affaire Elf, ce gigantesque dossier d'Etat.

En effet, Alfred Sirven ne serait responsable que d'une (petite) partie des détournements réalisés sur le milliard de francs suisses de commissions qui a été sorti des caisses de la compagnie pétrolière française entre 1989 et 1993.

Neuf nouvelles inculpations

Les justices helvétique et française ont d'ailleurs cerné un autre personnage, jusqu'ici fort protégé, André Tarallo. En fait, il s'agit de l'ancien «Monsieur Afrique» d'Elf, qui fut aussi un condisciple du président Jacques Chirac à l'ENA.

En novembre, André Tarallo s'est vu notifier tout une série de mises en examen (inculpations) pour «complicité d'abus de biens sociaux». Et cela dans pas moins de neuf volets du fameux dossier Elf.

Et ce n'est pas fini. Les magistrats viennent de découvrir un autre compte en Suisse. Baptisé Arix. Qui n'appartiendrait ni à Alfred Sirven ni à André Tarallo.

Reste à savoir quelle est l'identité de ce mystérieux «troisième homme». «Monsieur Sirven, affirme André Tarallo, nous a dit que la troisième personne était quelqu'un que nous connaissions. Mais il ne nous a pas donné son nom.»

Ian Hamel

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