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Aide au développement: le modèle nicaraguayen

(Keystone)

L'aide au développement que la Suisse propose au Nicaragua repose sur le partenariat et revêt un caractère de modèle. Ce pays d'Amérique centrale était l'hôte de la conférence annuelle de la DDC.

Mais la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a averti: la Suisse risque de perdre du terrain au plan international en tant que pays donateur.

«La Suisse appartient au groupe des plus petits pays donateurs, même si elle est très active et relativement influente», a rappelé la ministre aux 1500 personnes réunies à Berne pour la conférence annuelle de la direction du développement et de la coopération (DDC) et du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

«Toutefois, au sein de ce groupe, de nombreux pays sont en train d'augmenter considérablement leur contribution à la coopération au développement», a souligné la responsable de la diplomatie helvétique.

Trouver de nouvelles voies

Pour rester à la fois visible et efficace, la Suisse doit donc réfléchir à sa politique de développement. Mais elle ne souhaite ni réduire le nombre de ses pays partenaires et augmenter ainsi ses contributions, ni participer à toutes les initiatives internationales et «éparpiller» ainsi ses ressources financières, a expliqué Micheline Calmy-Rey.

«Il nous faut davantage faire reposer notre sélection sur des critères tels que notre savoir-faire spécifique et nos avantages comparatifs en matière de politique du développement», a-t-elle estimé. Et de citer en exemple la promotion de la démocratie, la décentralisation ou la protection de l'environnement.

La ministre a aussi souligné l'importance d'une «approche partenariale de la coopération au développement», thème sur lequel portait la conférence annuelle. Le partenariat n'implique pas une confiance aveugle ou «l'expression d'un sentiment paternaliste, a-t-elle souligné. Il est constitué d'une communauté d'intérêts basée sur le partage de valeurs communes.»

Le Nicaragua, pays modèle

Micheline Calmy-Rey a évoqué d'une part le partenariat avec les organisations internationales, comme les Nations unies et d'autre part le partenariat entre deux pays. A ce titre, elle a cité l'exemple du Nicaragua, pays hôte de la conférence.

Présent à Berne, le ministre nicaraguayen des Finances Mario Flores, a estimé que les pays en développement doivent réaliser leurs propres réformes. Son pays a lancé en 2003 un plan national de développement.

Mario Flores a exposé l'évolution qu'a connue son pays depuis la fin de la guerre civile en 1990. Le Nicaragua reste toutefois très dépendant de l'aide internationale. Le versement annuel de 500 millions de dollars représente environ 10% de son produit intérieur brut.

«La Suisse est très active et a accompli un travail important, a déclaré le ministre à swissinfo. Je ne parle pas seulement d'aide financière, mais de la construction d'infrastructures et du dialogue entre le gouvernement, les pays donateurs et la société civile.»

Créer l'indépendance

«La Suisse a joué un rôle constructif dans ce processus difficile de lancer de nouvelles formes de coopération, ajoute le ministre. Pour lui, les pays donateurs ne doivent pas fournir «une aide pour instaurer une dépendance, mais au contraire créer une indépendance durable»,

Cette vision est partagée par Jürg Benz. «Notre collaboration se base sur un véritable partenariat, a déclaré à swissinfo le chef du bureau suisse de la coopération au Nicaragua. Nous soutenons activement les activités et les projets qui font partie d'un plan local de développement. Et de ce point de vue, le Nicaragua est plus avancé que d'autres pays.»

swissinfo et les agences

En bref

Selon les chiffres de la DDC, la Suisse a dépensé 2,2 milliards de francs en 2005 pour l'aide au développement, soit 0,44% de son produit national brut.

Le Nicaragua, comme le Honduras et le Salvador, est l'un des pays prioritaires de l'aide suisse dans la région.

L'engagement de la Confédération s'y est monté l'an dernier à 47,5 millions de francs.

Berne participe actuellement à la construction de la centrale hydroélectrique d'El Bote, budgétée à 2,5 millions de dollars.

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Nicaragua

Ancienne colonie espagnole, le Nicaragua est devenu indépendant en 1821, mais a été de plus en plus soumis à l'influence étasunienne dès le début du 20ème siècle.

Dans les années 30, le pays tombe sous la dictature de la famille Somoza.

En juillet 1979, les révolutionnaires sandiniste renversent Anastasio Somoza et forment un gouvernement marxiste.

Ce gouvernement doit faire face pendant plusieurs années à des contre-révolutionnaires (les contras) financés par les Etats-Unis de Ronald Reagan.

L'organisation d'élections libres, en 1990, marque le retour de la démocratie. Les sandinistes acceptent leur défaite électorale et les Contras déposent les armes.

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