Al-Qaïda, hors-la-loi en Suisse

A Campione d'Italia, l’intervention a été effectuée sur commission rogatoire du Ministère public de la Confédération Keystone

Le Conseil fédéral interdit l'organisation d'Oussama ben Laden. Et l'étau se resserre autour de la société Nada Management - ex Al Taqwa.

Ce contenu a été publié le 08 novembre 2001 - 08:30

Après les attentats de New York et de Washington, il faut se montrer plus actif dans la prévention, estime Ruth Metzler. Certes, aucune structure d'Al-Qaïda - le réseau qui est soupçonné d'avoir participé aux attentats du 11 septembre - n'a été découvert en Suisse. Du moins, à ce jour. Mais, selon la conseillère fédérale, le caractère dangereux de cette organisation est incontestable.

Interdiction jusqu'à fin 2003

Pour la première fois depuis 50 ans, les autorités suisses ont donc décidé de mettre hors-la-loi une organisation. En l'occurrence, jusqu'à fin 2003. Et la mesure prise contre Al-Qaïda s'étend aux organisations qui en émanent ou qui pourraient tout simplement lui apporter un soutien.

A noter enfin que les actions de propagande sont également prohibées. Et que tous ceux qui enfreindront la loi seront passibles d'amendes voire d'emprisonnement. Quant aux biens de l'organisation présumée terroriste, ils pourront être confisqués au besoin.

Perquisition chez Youssef Nada

Par ailleurs, l'étau se resserre autour de la société financière Nada Management - ex Al Taqwa - de Lugano qui est soupçonnée d'avoir noué des liens avec Oussama Ben Laden. Son boss, Youssef Nada, a été en effet été appréhendé mercredi au siège de la société à Lugano. Avant d'être relâché.

Sur les hauteurs du lac de Lugano, dans l'enclave de Campione d'Italia, la villa de cet homme d'affaires italien d'origine égyptienne a été prise d'assaut par les carabiniers de Côme.

Pendant plusieurs heures, les enquêteurs italiens et une magistrate venue de Berne ont passé l'habitation de Youssef Nada au peigne fin. Ils ont emporté plusieurs cartons de documents principalement rédigés en arabe, des cassettes vidéo, des computers et autre matériel informatique.

Et puis, à Campione toujours, la villa du vice-président de la société, Ali Ghaleb Himmat (un autre Italien également d'origine égyptienne) a aussi été perquisitionnée.

Commission rogatoire suisse

Cette double intervention a été effectuée sur commission rogatoire du Ministère public de la Confédération (MPC). La demande d'entraide judiciaire avait été déposée il y a quelques jours auprès de la Cour d'appel de Milan. Un porte-parole du MPC a confirmé l'information, mais n'a pas voulu s'exprimer à propos de l'interpellation de Youssef Nada.

On peut toutefois rappeler les principaux éléments du dossier. A savoir que la société Nada Management est soupçonnée d'entretenir des liens étroits avec les terroristes islamistes. Fondée par Youssef Nada, membre des Frères Musulmans, en 1981, elle aurait en effet eu des contacts avec le Hamas palestinien et plus récemment avec Al Qaïda, l'organisation d'Oussama Ben Laden.

L'an passé, à cause d'opérations bancaires non autorisées, la Commission fédérale des banques avait engagé une procédure contre cette société Mais aucune irrégularité n'avait pu être constatée.

Ce n'est qu'au lendemain des attentats du 11 septembre dernier aux Etats-Unis que l'enquête a été relancée. L'opération de mercredi resserre l'étau autour d'une société dont le président dément catégoriquement toute relation avec les milieux terroristes.

Gemma d'Urso, Campione d'Italia

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article