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All that Jazz !

Excentrique, puissante et généreuse, Nina Hagen a enchanté son public

(swissinfo.ch)

Une 38e édition de toute beauté malgré la pluie et les bouchons pour un Montreux Jazz Festival qui n’aura jamais aussi bien porté son nom.

En clôture au Casino, l’ex-punkette mystique et déjantée Nina Hagen a montré avec une générosité totale qu’elle est désormais la digne héritière d’Ella, de Judy ou de Liza.

Samedi soir, à l’heure de clore la 38e édition du festival, les organisateurs tiraient déjà un premier bilan: plus de 100'000 billets vendus pour les concerts payants (un record) mais un déficit financier de l’ordre de 200'000 à 300'000 francs suisses.

Les réserves du festival permettront d’oublier cette mésaventure. La météo maussade (8 soirs de pluie sur 16) et les difficultés d’accès dues aux bouchons de Glion n’ont pas empêché 220'000 personnes de se rendre à Montreux entre le 2 et le 17 juillet. C’est tout de même 30'000 de moins que l’an dernier.

«Nous craignions une baisse de fréquentation en raison des travaux au tunnel de Glion, c'est à la météo que nous la devons, expliquait Claude Nobs. Nous sommes conscients que nous devrons trouver de nouvelles ressources désormais pour pallier les aléas de la météo».

En outre, la programmation sur 16 soirées au Casino a permis de vérifier la promesse du directeur de la manifestation qui disait en ouverture que Montreux n’avait jamais offert autant de jazz que cette année.

Et du jazz, le public du Casino en a eu sa dose samedi pour une flamboyante soirée de clôture.

Premiers frissons

Inga Swearingen tout d’abord. Avec le trio de Matt Baker, la lauréate du concours vocal de Montreux 2003 offre en première partie une belle tranche d’émotion intimiste et délicate.

Déjà auteur d’un album auto-produit, la jeune Anglaise maîtrise parfaitement la technique du «scat», cette manière de chanter sans paroles, inventée par le jazz.

Mêlant ses propres compositions à des standards revisités, elle envoûte le public avec sa voix à la fois douce, presque éthérée, et néanmoins pleine de swing, qui par moments n’a même plus besoin d’accompagnement pour vous donner le frisson.

Mauvais goût exquis

La voix, c’est bien sûr aussi ce qui frappe d’entrée lorsque paraît Nina Hagen. Portée par l’impeccable Big Band de Leipzig (16 musiciens et une seule musicienne – à la basse), elle emplit la salle de sa puissance rauque, montant parfois très haut dans les aiguës ou singeant les accents d'une Betty Boop sous amphés.

Toujours attifée avec le plus exquis mauvais goût (on ne se refait pas), Fräulein Hagen n’a pas perdu le goût du cirque. Ni le sens de l’humour. Elle roule des yeux, grimace et se démène avec une belle énergie. A 49 ans, elle lève d’ailleurs encore la jambe plus haut que tête!

Le répertoire puise aux sources de ce que le jazz a produit de plus populaire. Lorsqu’elle entonne «Somewhere over the rainbow», ce n’est pas à la douceur un peu suave de la jeune Judy Garland que l’on pense d’abord, mais à la pêche de sa fille Liza Minelli.

Burlesque et renversant

«Vous avez ici en Suisse un chanteur fantastique», annonce Nina avant d’aller chercher en coulisses Michael von der Heide. De la rencontre du dandy helvétique et de l’ex-punkette berlinoise naît un «Kriminal Tango» burlesque, un des deux seuls titres en allemand de la soirée.

Puis la chanteuse présente Lucas Alexander, complice à la scène, compagnon à la ville et responsable de ce récent virage jazzy qui lui va si bien.

Looké mi-Dracula mi-Monsieur Loyal de cuir noir, l’artiste danois n’a pas moins de coffre que sa belle. Ensemble, ils exécutent trois duos sur lesquels planent les ombres de Frank Sinatra et d’Ella Fitzgerald. Renversant.

A Ella «qui m’a donné envie de chanter», Nina Hagen emprunte encore «The Lady is a Tramp» et dédie quelques lignes a capella qui prouvent (si besoin était) qu’il faudra désormais compter avec elle aux côté des Minelli, Streisand et autres Lemper.

Le public est conquis. Il accorde à la performance trois «standig ovations» qui débouchent sur autant de rappels. Il ne manque plus que «New York – New York» pour parachever la démonstration… Elle le fait donc. Et elle le fait bien !

Bravo et merci pour cette magnifique collection de «papillons sacrés», comme elle qualifie désormais ces chansons éternelles. En matière de mystique non plus, on ne se refait pas.

swissinfo, Marc-André Miserez à Montreux

En bref

- 220’00 personnes sont venues à Montreux pour les 16 soirées du Jazz Festival, 38e du nom. C'est 30'000 de moins que l'an dernier.
- Le déficit probable sera de 200'000 à 300'000 francs suisses, qui seront épongés par les réserves.
- 119 groupes se sont produits gratuitement au «Montreux Jazz Under the Sky» (souvent «under the rain»), 21 au Jazz Club, tandis que 39 DJs ont gonglé sur les platines du Jazz Café.
- Les trois salles payantes ont enregistré 100'000 entrées (un nouveau record), soit 61'000 à l’Auditorium Stravinski, 23'000 au Miles Davis Hall et 16'000 au Casino.
- La 39e édition aura lieu du 1er au 16 juillet 2005.

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