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Andreas Gross, «philosophe du football»

Six parlementaires suisses ont signé la fameuse motion déposée à Strasbourg.

Parmi eux, le député socialiste et chef de la délégation suisse au Conseil de l’Europe, Andreas Gross. Le Zurichois explique sa position.

Considéré comme le «père» de la première initiative demandant la suppression de l’armée en Suisse (1989), Andreas Gross est membre de la Chambre basse du Parlement suisse depuis 1991.

Défenseur acharné des droits de l’homme et de la démocratie, le Zurichois est entré au Conseil de l’Europe en 1995. Il a été élu au poste de rapporteur spécial sur la situation politique en Tchétchénie au mois de juin 2003.

swissinfo: Pourquoi avez-vous signé cette motion déposée au Conseil de l’Europe et qui concerne la provenance de fonds de l’Est dans le football européen?

Andreas Gross: Tout d’abord je me considère comme une sorte de «philosophe du football». Depuis mon plus jeune âge, je voue en effet une passion sans limite à ce sport.

Deuxièmement, en tant qu’intellectuel, je suis intéressé à comprendre les raisons qui poussent des ressortissants des pays de l’Est et notamment de Russie et d’Ukraine à investir dans le football professionnel de l’Europe de l’Ouest.

swissinfo: Vous pensez principalement aux clubs de Chelsea et de Wil?

A. G: Oui, ces deux clubs en particulier, même si les montants investis sont incomparables.

En tant que Suisse, l’exemple de Wil m’interpelle, mais j’aime énormément le football anglais et le cas de ce club de Londres acquis pour plus de 300 millions de francs pose passablement de questions.

Ce que je veux savoir, c’est si l’argent investi est de l’argent sale, si investir dans des clubs de football permet de le blanchir ou si ses fonds échappent au fisc des pays concernés. Mieux connaître le contexte général permettra éventuellement de légiférer en la matière.

Je le vois dans mon activité en Tchétchénie pour le Conseil de l’Europe: la démocratisation de l’ancienne URSS est un point fondamental pour l’avenir du monde.

Et pour y arriver, la manière dont plusieurs oligarques de ces régions ont acquis des fortunes colossales et la façon dont ils les utilisent doivent être prises très au sérieux.

swissinfo: Concrètement, sur quoi peut déboucher la motion qui a été déposée à Strasbourg?

A. G: Le Conseil de l’Europe est le Parlement des Parlements. Au total, il y a 45 pays membres qui envoient des parlementaires à Strasbourg. Ce n’est pas là que les lois sont édictées.

Mais ce qui est intéressant, c’est que grâce aux réflexions menées par cette organisation intergouvernementale et aux diverses conventions qu’elle propose, les différents Parlements nationaux peuvent être amenés à légiférer.

La motion que nous avons déposée n’est pas une convention. Le but est de provoquer la rédaction d’un rapport transnational. 90% de ce rapport sera informatif, mais plusieurs propositions vont également être émises à l’attention des ministres des 45 pays.

Il y a une petite chance pour que cette démarche aboutisse à une convention européenne. Et donc éventuellement à des lois.

swissinfo: Faut-il se méfier uniquement des investissements émanant des pays de l’Est?

A. G: Absolument pas! Nous avons réagi sur le cas du rachat de Chelsea par Roman Abramovitch, car c’est un cas choquant et médiatique. Mais c’est un point de départ, car il y a effectivement beaucoup d’argent louche qui circule dans le monde du sport professionnel.

swissinfo: Mais le fait de vouloir contrôler l’origine de ces fonds est une nouvelle manière pour le politique de s’immiscer dans le monde sportif. Cette «ingérence» est-elle inévitable?

A. G: Pour répondre à cette question, il faut avoir une notion sociale du sport. Aujourd’hui, il est impossible de séparer les sphères politique, économique et sportive. Et cela, au niveau mondial.

Le sport a une importance dans la réalité de millions de gens sur cette planète. De fait, il concerne donc le politique.

Il ne faut pas prendre cela comme une ingérence mais comme l’expression de la responsabilité des politiciens et des citoyens afin que les lois et les conventions de la société civile soient également appliquées dans la sphère sportive.

Interview swissinfo: Mathias Froidevaux


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