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Appui gouvernemental au projet touristique d'Andermatt

Si le projet est accepté, la zone d'habitation d'Andermatt passerait de 35 à 60 hectares. Keystone

Le Conseil fédéral donne son feu vert à la réalisation du mégacomplexe touristique de luxe voulu par l'Egyptien Samih Sawiris dans le canton d'Uri.

Ce contenu a été publié le 31 janvier 2007 - 13:31

La décision finale reviendra aux citoyens d'Andermatt. L'autorisation de construire pourrait être délivrée début 2008.

Le promoteur égyptien Samih Sawiris envisage de construire un complexe offrant 3000 lits répartis entre des hôtels, des appartements et des villas.

Son projet inclut également la création d'un golf de 18 trous et l'installation d'infrastructures de sport et de loisirs dans ce village situé au pied du Gothard.

Dérogation à la lex Koller

En septembre, le Conseil fédéral (gouvernement) avait déjà approuvé une dérogation à la lex Koller sur l'acquisition d'immeubles par des étrangers en faveur du projet. Il a néanmoins fixé certaines conditions au plan directeur.

Les impératifs de la protection du paysage et de la nature devront ainsi être pris en compte. Le canton devra en outre intervenir afin de protéger le caractère de la vallée d'Urseren, où se trouve Andermatt.

L'Office fédéral du développement territorial (ARE) a par ailleurs posé des exigences spécifiques en matière d'urbanisation et de planification des transports. Il s'agira de prendre des pincettes en particulier avec la réalisation et l'exploitation du golf, qui devra tenir compte des besoins de l'agriculture et de la nature.

Pas de terrain d'atterrissage pour hélicoptères

Autre recommandation: le nouveau complexe touristique devra s'intégrer de manière optimale au milieu bâti.

Le gouvernement du canton d'Uri avait déjà fait des concessions aux organisations écologistes, en renonçant par exemple à autoriser la construction de villas sur le terrain de golf.

Les paysans pourront continuer à habiter et à cultiver la terre sur ce site. Au total, plus de 20 hectares de surface agricole restent conservés dans le périmètre du terrain de golf. Le plan directeur exclut aussi explicitement tout terrain d'atterrissage civil pour hélicoptères.

En septembre 2006, Samih Sawiris s'était entretenu de son projet avec des habitants de la région et des défenseurs de l'environnement. Il avait alors affirmé comprendre leurs préoccupations.

L'investisseur s'était dit convaincu qu'il sera possible de trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties. Il n'est en revanche pas prêt à renoncer au golf de 18 trous, projet qui se heurte à une certaine opposition.

4300 lits et 1350 habitants

Le complexe doit voir le jour sur l'ancienne place d'armes d'Andermatt, des terrains achetés à l'armée suisse pour un montant de 10 millions de francs.

Le nombre de lits disponibles à Andermatt, qui compte 1350 habitants, serait ainsi multiplié par trois, passant de 1300 à 4300. La zone d'habitation de la commune passerait quant à elle de 35 à 60 hectares.

Selon une étude réalisé par la Haute Ecole spécialisée de Winterthur, ce projet pharaonique devrait permettre de créer jusqu'à 2000 emplois et générer des retombées financières de l'ordre de 120 millions de francs.

La décision finale reviendra aux citoyens d'Andermatt et du village voisin d'Hospental. Ils devront se prononcer sur le plan de zones ces prochains mois. Le gouvernement cantonal espère pouvoir délivrer l'autorisation de construire début 2008.

swissinfo et les agences

Faits

L'entrepreneur égyptien Samih Sawiris a fait connaître son ambitieux projet touristique et hôtelier pour Andermatt en décembre 2005.
Né en 1957 au Caire, il a effectué ses études en Allemagne, avant de devenir président de l'entreprise égyptienne Orascom Hotels & Development.
Il a construit les cités hôtelières d'El-Gouna, sur la Mer rouge et des Monts de Taba, sur le golfe d'Akaba.
Orascom Hotels & Development double chaque année son bénéfice net. (35 millions de francs en 2005).

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Lex Koller

La lex Koller est une loi qui limite l'achat d'immeubles et de terrains par des étrangers. Elle permet toutefois aux étrangers d'acquérir sans autorisation un immeuble destiné à l'exploitation d'une entreprise.

Son champ d'action et les restrictions qu'elle induisait ont diminué au fil des ans.

En 2005, le gouvernement a proposé son abrogation. Une idée soutenue par tous les milieux sauf les écologistes et la droite nationaliste. Le processus est en cours.

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