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Argent du terrorisme: la Suisse bien notée

Juan Carlos Zarate veut assécher le financement du terrorisme.

(US Treasury Department)

Alors que les Etats-Unis craignent une nouvelle attaque d’Al Qaïda, un haut-fonctionnaire du Trésor américain loue la Suisse pour son combat contre le financement du terrorisme.

Juan Carlos Zarate estime que dans cet exercice, le secret bancaire n’est pas un obstacle.

Juan Carlos Zarate a répondu à swissinfo après sa rencontre, jeudi, avec le Procureur général de la Confédération Valentin Roschacher et plusieurs représentants du ministère des finances et de la Commission fédérale des banques.

La rencontre intervenait un jour après que le ministre de la justice américain John Ashcroft ait annoncé que des informations crédibles laissent présager d’une attaque d’Al Qaïda sur sol américain ces prochains mois.

Juan Carlos Zarate, qui a déjà plusieurs visites à son actif en Suisse, coordonne les efforts de Washington dans la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent.

swissinfo: Quelle coopération obtenez-vous de la part du gouvernement suisse dans la lutte contre le crime financier?

Juan Carlos Zarate: Nous avons une très bonne relation de travail avec le gouvernement suisse.

La Suisse est un centre de la finance internationale. Elle a la capacité d’agir autant sur les flux de capitaux que sur le comportement des autres centres dans le monde.

Nous collaborons si bien que nous avons maintenant nos propres collaborateurs à Berne. Ils travaillent avec le bureau du Procureur général de la Confédération sur les cas qui apparaissent.

swissinfo: La Suisse peut-elle faire plus dans sa lutte contre le financement du terrorisme?

J. C. Z.: Il faut poursuivre sur la même voie, en en faisant toujours plus. L’essentiel, c’est la diligence des autorités de régulation et du secteur privé pour s’assurer que les institutions financières n’abritent ni ne participent aux transferts financiers utiles aux terroristes.

Nous aimerions également voir des enquêtes agressives et répétées être menées par le Procureur général de la Confédération. Ainsi qu’une collaboration accrue entre nos différents départements.

swissinfo: Dans quelle mesure le secret bancaire suisse empêche-t-il les tentatives de localiser les fonds terroristes suspects?

J. C. Z.: Nous ne voyons pas le secret bancaire comme un obstacle. En cas de lien terroriste suspecté, le gouvernement suisse comme le secteur privé sont désireux, mais également tout à fait en mesure de traquer le flux financier en question.

Le bureau du procureur fait un excellent travail pour rendre accessibles les comptes et informations utiles à ses investigations comme aux autres.

swissinfo: Les transferts de fonds se chiffrent en milliards de dollars. Etes-vous conscients que les terroristes peuvent utiliser ces canaux?

J. C. Z.: Chez nous comme chez nos partenaires, nous cherchons à susciter la plus grande transparence et à développer un système de régulation efficace dans le domaine des transferts de fonds.

En Suisse comme ailleurs, nous avons besoin non seulement de plus de transparence et de fiabilité, mais aussi d’une application plus stricte des lois, afin de débusquer les individus impliqués dans des transactions louches ou des activités douteuses.

swissinfo: La dernière alerte sur une possible attaque terroriste sur sol américain ne suggère-t-elle pas que Washington et la communauté internationale échouent à stopper le financement du terrorisme?

J. C. Z.: Nous sommes confrontés à une tâche difficile. La guerre contre le terrorisme et son financement va prendre des années. Il ne s’agit pas d’un travail d’un ou deux ans. Et jamais nous n’avons crié victoire.

Ce que nous avons réussi – largement grâce à la coopération de pays comme la Suisse – c’est d’affaiblir Al Qaïda au point qu’aujourd’hui, nous estimons que la nébuleuse a beaucoup de peine à réunir et transférer ses fonds autour de la planète.

Moins les terroristes ont d’argent, moins ils ont de moyens pour recruter et entraîner leurs agents en vue d’actions futures.

L’un de nos objectifs consiste à démanteler les réseaux terroristes que nous parvenons à identifier. Un bon exemple nous en est donné ici, en Suisse. Huit individus ayant apporté un soutien logistique du triple attentat de Riyadh, en mai 2003, ont été récemment arrêtés. Ces arrestations, de même que le gel d’actifs financiers, continuent à être essentiels dans la lutte que nous menons.

swissinfo: La Suisse a toujours appuyé l’idée que la lutte contre le terrorisme ne doit pas se faire au détriment des droits de l’homme et des lois internationales. Vous êtes d’accord avec cela?

J. C. Z.: Je ne crois pas que le respect des droits de l’homme entre en contradiction avec la guerre contre le terrorisme et son financement. Nous devons considérer la loi comme partie intégrante de la campagne contre la terreur. Et la défendre. Le respect des droits de l’homme nous différencie des terroristes.

Le gouvernement suisse fait un très bon travail, respectant à la fois les principes auxquels il tient, tout en se montrant très attentif à partager ses informations et à agir au mieux pour miner les réseaux de soutien au terrorisme.

Interview-swissinfo: Ramsey Zarifeh
(traduction: Pierre-François Besson)

En bref

- Juan Carlos Zarate est haut-fonctionnaire au bureau de lutte contre le financement du terrorisme et la criminalité financière au Trésor américain.

- Son rôle: s’assurer que les moyens du Trésor soient mis à profit pour combattre le financement du terrorisme, le blanchiment d’argent et les crimes financiers.

- Juan Carlos Zarate a rencontré jeudi à Berne le Procureur général de la Confédération Valentin Roschacher et des représentants du ministère des finances et de la Commission fédérale des banques.

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