Arts martiaux: le Japon sous le choc de la mort du Suisse Andy Hug

Andy Hug s'était construit une solide réputation dans l'empire des arts martiaux. Keystone / Walter Bieri

Andy Hug était une véritable star au Japon. Où il est décédé jeudi, à l'âge de 35 ans, des suites d'une leucémie foudroyante. Sa disparition a été annoncée par la chaîne de télévision Fuji.

Ce contenu a été publié le 24 août 2000 - 17:25

Jusqu'à sa retraite l'an dernier, le Suisse Andy Hug avait régné en maître sur le K1. Créé en 1993, le K1 est un sport de combat à mains nues, une sorte d'art martial qui tient à la fois du karaté, du kung fu et du kickboxing (la boxe thaïlandaise). Et qui attire des foules toujours plus importantes au Japon, mais aussi à l'étranger. A titre d'exemple, plus de 12.000 personnes se sont pressées en 1998 à Zurich pour assister à un tournoi de démonstration.

Andy Hug avait connu des heures de gloire en 1996, année où il avait remporté le titre de grand champion de K1. En 1997, il avait décroché le deuxième rang. Et le 13 décembre 1998, devant 63.000 personnes, au Tokyo Dome, il s'était incliné en finale devant un Néerlandais.

Né en Suisse dans un milieu modeste, Andy Hug était au Japon un nom aussi familier que ceux de Sony ou de Toyota. Une performance. D'autant que rares sont les sportifs étrangers qui deviennent des stars dans un Japon très insulaire. Un pays qui, par réflexe nationaliste, préfère ses champions locaux.

Pour des millions de jeunes Japonais attirés par les arts martiaux, Andy Hug était un exemple à suivre. Au même titre que Robert Rose, le joueur américain de baseball. Et pour cause, selon Everett Brown, auteur d'un livre sur les sportifs étrangers les plus populaires au Japon, c'est Andy Hug qui a réintroduit l'esprit du bushido (du guerrier samouraï) au pays du Soleil Levant.

D'ailleurs, le journal Nippon Sports - qui tire à 9 millions d'exemplaires - a décidé de faire sa «Une» avec la mort du Suisse. «La disparition de Andy Hug est un véritable choc pour nous, affirme la journaliste Hiroko Ishida. Il était très connu, très aimé. Tout le monde ici appréciait son grand courage et sa modestie. Il ne vivait que pour son art. C'était un pur.»

George Baumgartner, Tokyo

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