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Au sommet Sida, la Suisse préconise la prévention et la solidarité

Manifestation à Genève lors de la Journée mondiale du Sida, le 1er décembre dernier.

(Keystone Archive)

C'est une première à New York: l'Assemblée générale de l'ONU va consacrer trois jours au plus haut niveau pour tenter d'organiser une vraie riposte au Sida. Pour la Suisse, mieux prévenir et mieux coordonner les programmes de lutte sont deux thèmes prioritaires.

«Il est nécessaire, si l'on veut réagir efficacement à l'épidémie, de donner une forte impulsion à tous les niveaux de la société (...), cette impulsion suppose un engagement personnel et des mesures concrètes.»

Cette évidence, extraite du projet de déclaration discuté dès lundi à New York, relève du style habituellement déclamatoire de ce genre de documents. Chacun sait pourtant que, par la suite, les bonnes résolutions ne passent pas si facilement dans la réalité.

Peter Piot, le directeur du Programme ONUSIDA, veut quand même y croire. Mais, note-t-il dans son dernier rapport, «les succès ont toujours été dus à la persévérance d'individus visionnaires et courageux». Surtout - faudrait-il ajouter - d'hommes et de femmes, de tous milieux et de toutes professions, dont l'engagement ne fait jamais la «une» de l'actualité.

La lutte contre le Sida fait en effet partie de ces réalités qui, selon Peter Piot, révèlent le meilleur et le pire de l'humanité: «Le déni, la panique aveugle et la stigmatisation de certains individus ont figuré parmi les pires réactions. Mais, petit à petit, le courage, la créativité et la prise en charge ont fait leur apparition.»

La réunion de New York n'est pourtant pas gagnée d'avance. De nombreux gouvernants africains seront présents. Leur continent est le plus touché. Ceux d'Asie et d'Europe de l'Est la boudent alors que ces deux parties du monde connaissent actuellement la plus forte croissance de l'épidémie.

Le texte de la déclaration finale ne passera pas non plus comme une lettre à la poste. Parler clairement, par exemple, des groupes à risque - les homosexuels, les prostituées et leurs clients, les toxicomanes, etc. - pose visiblement problème à certaines sensibilités religieuses.

Quant aux engagements financiers attendus pour concrétiser la solidarité internationale, les promesses faites jusqu'à présent ne font pas le compte. Et pour cause. Le projet de déclaration demande que, d'ici à 2005, le montant annuel des dépenses globales dans les pays à faibles et moyens revenus atteigne progressivement 7 à 10 milliards de dollars.

C'est Ruth Dreifuss, ministre de l'Intérieur, qui dirigera la délégation suisse à New York. Elle insistera, nous dit-on, sur la prévention et sur la nécessité, au niveau national, de coordonner les programmes de lutte contre la maladie. Elle abordera également le problème des enfants dont les parents sont ou ont été victimes de la maladie.

Mardi dernier, UNICEF Suisse annonçait qu'elle allait renforcer son appui à ces orphelins du Sida, aux foyers qui les accueillent, ainsi qu'aux campagnes d'information auprès des jeunes. Ce sont eux que le Sida frappe en premier et qui transmettent ensuite le virus à leurs enfants.

Prévenir de nouvelles infections, réduire les effets négatifs de l'épidémie, promouvoir la solidarité: les principes de la politique suisse de lutte contre le Sida sont connus. Mais personne ne peut crier victoire. L'arrivée des trithérapies pourrait démobiliser la prévention et des personnes séropositives sont encore et toujours l'objet de discriminations.

Bernard Weissbrodt


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