Cinquième Suisse

Aujourd'hui en Suisse

Bonjour à vous, Suisses du monde,

La Suisse se retrouvera-t-elle sur la liste rouge de nouveaux pays? Le suspens est pour l’instant entier. Une chose est toutefois sûre: selon sa propre définition, la Confédération est désormais devenue un pays à risque élevé d’infection au coronavirus, puisqu’elle a franchi la barre des 60 cas pour 100'000 habitants.

Nous parlerons aussi de ces héroïnes de la lutte contre le virus, les infirmières, et de leurs conditions de travail difficiles, du financement de la vie politique suisse qui garde une bonne dose d’opacité et des votations fédérales qui arrivent à grands pas.

Bonne lecture,

Ce contenu a été publié le 16 septembre 2020 - 17:00
Une vue du Conseil national pendant la session parlementaire d'automne. Keystone / Alessandro Della Valle

L’opacité continue à régner autour des liens d’intérêt des élus suisses. S’ils sont tenus, depuis décembre, de rendre publics les mandats qui leur rapportent de l’argent, l’enquête de ma collègue Pauline Turuban révèle qu’une grande partie d’entre eux ne le fait pas.

C’est une particularité helvétique: près de 200 élus du Parlement (quasiment 80%) ont au moins une fonction extra-parlementaire rémunérée. L’ONG Transparency International (TI) Suisse dénonce un risque élevé de conflit d’intérêts. «Plus on est rémunéré, plus on est dépendant», affirme son directeur Martin Hitli.

Depuis le début de la législature, les élus ont l’obligation de dévoiler les mandats qu’ils exercent contre rémunération ou non. Mais ce n’est pas suffisant pour TI, qui réclame aussi que les montants perçus puissent être connus du public. Cela n’est cependant pas du goût de nombreux politiciens. «Savoir ce que les élus gagnent n’informe pas vraiment sur le risque de conflit d’intérêts», affirme notamment le député du Parti libéral-radical Frédéric Borloz.

De plus en plus de parlementaires sont toutefois sensibles à la question de la transparence. Plus de 58% des nouveaux élus entrés au Parlement en octobre 2019 communiquent les revenus de leurs mandats extra-parlementaires. Alors que près des trois quarts des députés interrogés dans l’édition 2019 s’y refusaient.

  • L’enquête de ma collègue Pauline Turuban
  • Le système de milice suisse décrypté par ma collègue Sonia Fenazzi
  • L’étude de Transparency International sur le lobbying en Suisse


Keystone / Pablo Gianinazzi

Les votations fédérales du 27 septembre, grand rendez-vous politique suisse de l’automne, approchent. Et il est de plus en plus clair que la droite conservatrice s’achemine vers une nouvelle défaite avec son initiative dite «de limitation».

63% des citoyens suisses refuseraient l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC) qui vise à mettre fin à libre circulation des personnes avec l'UE, indique le dernier sondage de l’institut gfs.bern, publié aujourd’hui. L’UDC est seule contre tous, et les deux camps se sont consolidés. À moins d’un événement imprévu qui viendrait bouleverser le jeu politique, un non sortira des urnes.

Les Suisses s’apprêtent, en revanche, à donner leur consentement à l’achat de nouveaux avions de combat et à accepter l’introduction d’un congé paternité de deux semaines. 56% des votants se disent en faveur du premier objet et 61% diraient oui au second.

Le suspens est de mise concernant la nouvelle loi sur la chasse. 46% des individus sondés affirment vouloir voter «oui» et 48% «non», alors que 6% se disent encore indécis. Les électeurs de gauche et des Verts libéraux sont nettement contre, alors que les électeurs de droite sont pour. Les femmes et les jeunes ont davantage l’intention de voter «non».

  • Les résultats du sondage en détail dans l’article de ma collègue Marie Vuilleumier
  • Ce qu’il faut savoir sur les cinq objets soumis au peuple le 27 septembre
  • «Le thème de l’immigration ne fait plus recette en Suisse», relire l’interview de la politologue Martina Mousson


Keystone / Alexandra Wey

La Suisse est désormais «un territoire à risque élevé d’infection» au Covid-19, selon sa propre définition. Le pays a désormais franchi la barre des 60 cas pour 100'000 habitants sur 14 jours, a calculé la Radio Télévision Suisse (RTS), soit le chiffre utilisé par les autorités helvétiques pour classer un pays dans cette catégorie.

514 personnes ont été contaminées par le coronavirus, a annoncé ce mercredi l’Office fédéral de la santé publique. C’est la troisième fois depuis que les nouvelles contaminations sont reparties à la hausse au mois de juin que la barre des 500 nouveaux cas par rapport à la veille a été franchie.

Le canton de Vaud, le plus touché par la pandémie, a durci hier son dispositif, en fermant les boîtes de nuit, en interdisant les manifestations privées de plus de 100 personnes et en rendant obligatoire le masque dans tous les lieux publics fermés. L'objectif des autorités est d'éviter à tout prix un nouveau semi-confinement.

La stratégie d’infection généralisée adoptée par la Suède est jugée désastreuse par la task force Covid de la Confédération. Dans leur dernier rapport publié mardi, les experts suisses estiment que l’option de laisser circuler le coronavirus en espérant une immunité serait néfaste non seulement sur le plan sanitaire, mais aussi économique et social.

  • L’évolution de la pandémie en Suisse: notre suivi
  • La Suisse et le port du masque, un rapport complexe
  • L’horlogerie suisse touchée au cœur par la crise sanitaire, l’article de mon collègue Samuel Jaberg
Keystone / Andy Rain

En première ligne dans la lutte contre la pandémie, les infirmières se mobilisent pour réclamer de meilleures conditions de travail. Des mobilisations sont organisées dans de nombreux pays, dont la Suisse.

Stress, surcharge de travail et manque de temps à consacrer aux patients : la crise sanitaire a mis en lumière la dureté du travail dans le domaine des soins infirmiers. Le problème n’est toutefois pas nouveau. En Suisse, une initiative populaire a été déposée en 2017 pour tenter d’améliorer la situation, mais le Parlement recommande de la rejeter. 

En comparaison internationale, la Suisse ne fait pas figure de bon élève. D’après le dernier panorama de la santé de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), publié en 2019, la rémunération des infirmières par rapport au salaire moyen suisse est parmi les plus basses des pays de l’OCDE.

90% des infirmières suisses estiment travailler sous pression et 87% considèrent qu’elles n’ont pas assez de temps à consacrer aux patients, selon un sondage du syndicat Unia. «Pour garantir de bons soins infirmiers à l’avenir, il est nécessaire d’avoir suffisamment de personnel et de bonnes conditions-cadres», défend la présidente de l’Association suisse des infirmières et infirmiers, Sophie Ley.

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