Cinquième Suisse

Aujourd'hui en Suisse

Chers abonnés,

Alors que les mesures anti-covid se renforcent en Suisse, comme en Europe, je vous propose deux sujets sur les conséquences de cette politique sanitaire dans notre quotidien: la lassitude face à la pandémie et l’extension du télétravail.

Secteur dominé par l’industrie chinoise, la production de panneaux solaires redémarre en Europe, avec, notamment, une inventive start-up suisse. Mon confrère Armando Mombelli vous en dit plus.

Je vous propose enfin la passionnante enquête, menée pour Le Temps, de mon confère Arnaud Robert. Interloqué par une affiche de campagne publicitaire de la Croix-Rouge suisse, il est parti sur les traces d’un Haïtien représenté sur l’affiche avec une large croix rouge sur fond blanc peinte sur sa joue.

Bonne lecture,

Ce contenu a été publié le 16 octobre 2020 - 17:12


Keystone / Laurent Gillieron

«Pandemic fatigue», c’est l’expression anglaise désignant la lassitude face à la pandémie qui gagne nos sociétés. C’est devenu une affaire de santé publique qu’a décidé d’empoigner l’OMS.

Comment remotiver la population à suivre les mesures et les recommandations des autorités, alors que la pandémie s’installe dans la durée avec une nouvelle poussée dans l’hémisphère Nord ? Pour aider ses partenaires, l’OMS prodigue une série de conseils aux gouvernements.

Des prescriptions sur lesquelles s’est penchée ma consœur Imogen Foulkes. La mesure clé ? Les gouvernements devraient consulter leurs habitants avant d’instaurer de nouvelles mesures.

Vu que les mesures sont constamment adaptées aux nouvelles connaissances, il est important que les gouvernements informent ouvertement la population des informations qui leur manquent, relève aussi Imogen Foulkes. «Nous devons trouver un moyen de vivre avec le coronavirus ces deux prochaines années», souligne l’une des expertes interrogées.

Dictionnaire historique de la Suisse/Famille du Freiamt, vers 1840.

C’est l’une des mesures préconisées pour faire face à la pandémie. Mais comment se passe la généralisation du télétravail, interroge ma consœur du Temps, Julie Eigenmann.

De nombreuses questions sur ce mode de production ont déjà été expertisées, sauf peut-être la principale. «Les économistes, sociologues du travail et journalistes, entre autres, ont tendance à oublier trop facilement qu’une grosse partie de la population active a un emploi qui n’est pas «dématérialisable», souligne une sociologue du travail, Nicky Le Feuvre, dans l’article.

En outre, tout le monde ne vit pas avec bonheur cette forme moderne de travail à domicile. «À mon avis, ne pas changer d’air et d’autres conditions liées au télétravail peut être plus difficile que de travailler sur le terrain», déclare ainsi le directeur d’une PME.

Nicki Le Feuvre renchérit: «On peut constater que les gens ne sont pas forcément déçus de ne pas pouvoir télétravailler, et cela doit nous alerter sur l’aspect moins épanouissant du travail à domicile


swissinfo.ch

Armando le souligne. L’Union européenne compte aussi sur une start-up suisse pour relancer la production de panneaux solaires en Europe.

C’est une entreprise vaudoise - Insolight - qui a développé une technologie photovoltaïque à très haut rendement. La start-up suisse est au cœur du projet Hiperion, qui vise à mettre sur le marché des modules solaires très puissants. Un projet qui a reçu l’an dernier un financement de 10,6 millions d’euros de la part de la Commission européenne.

Fondée en 2015 par trois anciens étudiants de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Insolight a développé une nouvelle génération de modules photovoltaïques à concentration, beaucoup plus performants que les cellules en silicium habituellement utilisées.

Avec le projet Hiperion – qui réunit 16 partenaires de différents pays, entre centres de recherche et entreprises – l’objectif est de créer une première ligne de production industrielle de modules Insolight en 2022.

redcross.ch/portait de Rosius Fleuranvil

Arnaud Robert nous emmène dans «un périple à travers les clichés de l'aide humanitaire et la relation avec ceux que l’on utilise au prétexte de les aider»

Dans un reportage (en accès libre) publié par Le Temps, le reporter raconte le destin d’un Haïtien qu’il a repéré sur une affiche de la Croix-Rouge suisse, élément d’une campagne publicitaire toujours en court.  L’affiche indique qu’il est haïtien, qu’il s’appelle Rosius Fleuranvil et qu’il est âgé de 86 ans. Sur la photo, Rosarius Fleuranvi est affublé d’une croix rouge sur fond blanc peinte sur sa joue.

Ce marquage qu’affectionnent les fans de foot suisse intrigue Arnaud Robert, tout comme ce qui sort de sa bouche: «Je suis fan de la Croix-Rouge. Grâce à elle, j’ai de nouveau un toit». Fin connaisseur de l’ile caraïbe, Arnaud Robert veut rencontrer Rosarius Fleuranvi. Au fil de son enquête, il finit par apprendre que Rosarius Fleuranvi est mort en 2016.

Stupéfait par cette nouvelle, Arnaud Robert s’envole pour Haïti sur les traces de ce bénéficiaire de la Croix-Rouge suisse. Le résultat est un reportage salutaire sur les bons sentiments condescendants, le marketing de l’humanitaire et les préjugés persistants au sein des ONG.

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