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Cinquième Suisse

Aujourd'hui en Suisse

Bonjour, Suisses du monde,

Les effets collatéraux de la pandémie se font de plus en plus sentir: la crise provoque une augmentation des théories du complot antisémites et creuse les inégalités entre riches et pauvres.

Et à Genève, le politicien Pierre Maudet est dans la tourmente après avoir été condamné par la justice pour acceptation d’un avantage en lien avec son voyage tous frais payés à Abu Dhabi.

Bonne lecture,

Ce contenu a été publié le 23 février 2021 - 17:00
© Keystone / Georgios Kefalas

Les théories du complot antisémites ont augmenté avec la pandémie, constatent les communautés israélites suisses et les organisations contre le racisme. Les sceptiques des mesures contre le coronavirus ont aussi tendance à instrumentaliser et banaliser la Shoah.

En 2020, 147 actes antisémites ont été recensés en Suisse romande par la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD), la grande majorité sur Internet et les réseaux sociaux. Une hausse de 41% par rapport à 2019.

Parmi ces actes antisémites, 36% concernent les théories du complot juif en lien avec la pandémie de Covid-19. «Avec la crise sanitaire, économique et sociale, nous voyons ressurgir les vieux thèmes de l’antisémitisme par des groupes d’extrême droite», a relevé devant les médias Bruno Lévy, président de la CICAD.

En Suisse alémanique, 47 actes antisémites ont été comptabilisés. Mais sur Internet et les réseaux sociaux, le nombre d’incidents se monte à 485, dont 143 uniquement sur la messagerie Telegram.

La Fédération suisse des communautés israélites et la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme demandent aux autorités de renforcer les mesures de prévention et de répression dans ce domaine, aux plateformes de médias sociaux de prendre des mesures efficaces contre la diffusion de ce genre de contenus et à tout un chacun de s’opposer clairement et activement au contenu des théories du complot et à leur dissémination.

Keystone / Gaetan Bally

La pandémie a aussi creusé les inégalités, montre une étude de l’institut de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich (KOF). Ce sont les travailleurs à bas revenus qui souffrent le plus de la situation.

Le KOF a constaté que les ménages dont le salaire est considéré en Suisse comme très faible – moins de 4000 francs par mois– ont subi une baisse de revenus de 20% en moyenne depuis le début de la pandémie. Alors que parmi les plus hauts salaires – supérieurs à 16’000 francs – la diminution n’atteint que 8%.

Les chercheurs expliquent que les ménages plus aisés ont pu facilement réduire leurs dépenses, alors que la marge de manœuvre est fortement réduite dans les ménages les plus pauvres, qui peinent déjà à payer les factures de base (loyer, assurance-maladie, impôts).

L’étude du KOF révèle un phénomène inquiétant: parmi les bas salaires, une personne sur neuf s’est endettée pour faire face à la crise. Une tendance qui aura des conséquences sur le long terme, fragilisant encore davantage ce type de ménages et faisant ainsi perdurer les inégalités.

Keystone / Salvatore Di Nolfi

Revers en cascade pour le politicien genevois Pierre Maudet: la justice le condamne pour acceptation d’un avantage et confirme la décision de ses collègues du gouvernement cantonal de lui retirer son département.

Après plusieurs rebondissements et de nombreuses polémiques, Pierre Maudet a été condamné hier par le Tribunal de police de Genève à 300 jours-amende avec sursis. Le conseiller d’État genevois (exécutif cantonal) a été reconnu coupable d’acceptation d’un avantage, selon les dispositions liées à la corruption qui figurent dans le Code pénal. Son voyage en famille aux Émirats arabes unis pour assister au Grand Prix d’Abu Dhabi a été entièrement payé par la famille royale.

Pierre Maudet devra verser à l’État de Genève une créance compensatrice de 50'000 francs, soit la valeur estimée de ce voyage. La faute du politicien est importante, a souligné la présidente du tribunal. Il a envisagé, accepté et s’est accommodé du risque de se faire influencer dans l’exercice de ses fonctions en acceptant un cadeau d’une telle importance.

Et au lendemain de ce verdict, la Cour de justice a rejeté un recours de Pierre Maudet contre la nouvelle répartition des départements au gouvernement cantonal. Elle a confirmé la décision des autres ministres de retirer à Pierre Maudet sa gestion du département du développement économique, après la publication d’un diagnostic intermédiaire alarmant sur la gestion du personnel.

Le politicien a annoncé l’automne passé sa démission du gouvernement genevois. L’élection complémentaire se tiendra le 7 mars, mais Pierre Maudet est candidat à sa propre succession.

  • Le sujetLien externe de la Radio Télévision suisse (RTS) après la condamnation de Pierre Maudet pour acceptation d’un avantage
  • La justice refuse d’annuler l’exil forcé de Pierre Maudet, l’articleLien externe du quotidien Le Temps
  • Notre analyse sur l’absence de procédure de destitution des élus dans la plupart des cantons suisses
© Keystone / Christian Beutler

Le peuple suisse vote le 7 mars sur l’introduction d’une identité électronique à l’échelle du pays. Si la plupart des experts pensent qu’il s’agit d’un outil indispensable, ils sont divisés sur le projet de loi proposé.

La Suisse est en retard au niveau du développement de l’identité numérique. L’Union européenne a déjà adopté en 2014 un règlement à ce sujet. Actuellement, presque tous les États européens offrent des solutions d’e-ID.

La nouvelle loi sur les services d’identification électronique confie au secteur privé la tâche d’émettre les cartes d’identité numériques. L’État agirait comme simple fournisseur de données. Le comité référendaire dénonce cette stratégie, car il craint pour la protection des données si elles se retrouvent en mains privées.

Des critiques partagées par de nombreux experts. Mais beaucoup craignent qu’en refusant cette loi, la Suisse ne rate l’occasion de faire enfin son premier pas vers l’e-ID. Certains plaident pour l’instauration de règles, même si elles ne sont pas parfaites, alors que d’autres refusent d’adopter une mauvaise solution pour hâter le processus. Verdict le 7 mars.

  • Notre décryptage des enjeux de la votation sur l’e-ID, avec les avis de nombreux experts
  • L’identité numérique pourrait favoriser le développement du vote électronique: notre article
  • Le dossier completLien externe de l’administration fédérale sur la votation sur l’e-ID, avec les textes de loi
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