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Bataille de chiffres autour de la retraite à la carte

Madeleine Bernasconi et Pierre Triponez, membres du "comité 2 x non au démantèlement de notre AVS".

(Keystone)

L´introduction d´une retraite flexible à 62 ans conduirait l'AVS à la banqueroute. C´est en tout cas l'avis d'un comité bourgeois opposé à ce projet. De son côté, la gauche s´appuie également sur des chiffres pour prouver le contraire.

Le «comité 2 X NON au démantèlement de notre AVS», qui regroupe 156 parlementaires issus des rangs de la droite, a présenté lundi un véritable scénario catastrophe.

Selon lui, une retraite à la carte pour tous dès 62 ans engendrerait des surcoûts de l'ordre de 1,6 milliard de francs par an. Pour la financer, il faudrait donc avoir recours à des hausses fiscales massives.

Mieux vaut donc consolider le financement de l'assurance actuelle plutôt que de songer à introduire de nouvelles prestations. Ce d'autant plus que la situation n'est pas brillante: d'ici à 2010, le déficit annuel de l'AVS atteindra 4 milliards de francs par an, prédit la conseillère nationale Elvira Bader (PDC/SO).

Le Parti socialiste suisse et l'Union syndicale suisse ont immédiatement répondu à ces critiques, estimant que les prévisions de la droite sont beaucoup trop alarmistes.

Se basant sur des derniers chiffres non encore publiés de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), la gauche estime que les surcoûts dus à une retraite flexible seraient de 1,1 et non de 1,6 milliard. De plus, ce système permettrait d'économiser 900 millions par an dans les autres assurances sociales.

Par ailleurs, la gauche ne voit pas du tout l'avenir de l'AVS en sombre. Elle affirme que, toujours selon les chiffres de l'OFAS, l'AVS enregistrera en 2010 un excédent de 3,8 milliards de francs.

Gauche et droite présentent des analyses pour le moins contrastées. Mais ces différences peuvent s'expliquer. La droite base ses craintes sur le vieillissement de la population suisse qui fait qu'il y aura de moins en moins de jeunes pour payer la retraite des aînés.

La gauche, en revanche, mise sur la reprise économique. Cette reprise se traduit au plan des assurances sociales par une augmentation sensible du volume des cotisations, notamment en raison du recul du chômage.

Le peuple devra se prononcer le 26 novembre sur deux initiatives demandant l'introduction d'une retraite flexible pour tous dès 62 ans. L'initiative des employés de commerce prévoit qu'elle sera accordée lorsque le revenu est inférieur à une fois et demie la rente AVS minimale. L'initiative des Verts poursuit les mêmes buts, mais prévoit aussi des rentes partielles en cas de cessation partielle de l'activité.

Olivier Pauchard

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