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En 2008, un arbitrage à 404 millions d'euros en faveur de Bernard Tapie a soldé un litige vieux de 15 ans qui opposait l'homme d'affaires au Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas (archives).

KEYSTONE/AP POOL AFP/Fred Dufour

(sda-ats)

La Cour de cassation française a définitivement confirmé jeudi la condamnation de Bernard Tapie à rembourser les sommes obtenues en 2008 dans l'affaire Crédit lyonnais/Addidas. L'homme d'affaires devra rembourser 404 millions d'euros (439 millions de francs).

En juin 2016, la justice française avait annulé l'arbitrage qui avait été rendu huit ans auparavant pour régler le litige de M. Tapie avec la banque Crédit lyonnais sur la vente de l'équipementier sportif Adidas. Elle avait estimé qu'il était "frauduleux" car les relations entre le camp Tapie et l'un des juges-arbitres avaient été dissimulées, ce qui avait biaisé la sentence.

La cour d'appel de Paris avait aussi condamné Bernard Tapie, 74 ans, à restituer l'intégralité des sommes. L'ancien patron du club de football Olympique de Marseille et ex-ministre du président socialiste François Mitterrand (1992-1993) s'était pourvu en cassation, et la plus haute juridiction française a rendu jeudi sa décision.

"La vie continue"

"Une justice n'est efficace que quand elle est sévère et juste avec tout le monde, même lorsque l'Etat est partie au dossier. La vie continue et le combat aussi", a réagi Bernard Tapie.

La décision de la Cour de cassation est un nouveau revers pour l'homme d'affaires, mais rien ne dit qu'il restituera les sommes dans un avenir proche: Bernard Tapie est, à titre personnel, en liquidation judiciaire. Ses sociétés ont été placées en procédure de sauvegarde.

La justice dispose pour l'instant d'environ 90 millions d'euros de biens saisis par les juges d'instruction enquêtant sur l'arbitrage, selon une source proche du dossier. Parmi eux, une somptueuse propriété à Saint-Tropez achetée 48 millions d'euros par l'ex-ministre.

C'est dans ce dossier tentaculaire qui occupe les prétoires depuis plus de 20 ans que Christine Lagarde, à l'époque ministre de l'Economie et aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a été reconnue le 19 décembre 2016 coupable de "négligence" par la Cour de justice de la République, seule instance habilitée à juger les membres du gouvernement. Elle a toutefois été dispensée de peine, une décision qui a suscité de vives critiques.

ATS

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