Berne prône le dialogue au Proche-Orient

Malgré les attentats en Israël, Berne insite sur le dialogue entre palestiniens et israëliens Keystone

Les attentats anti-israéliens de ce week-end ne remettent pas en cause la conférence sur le Proche-Orient organisée par la Suisse.

Ce contenu a été publié le 03 décembre 2001 - 19:06

Selon la diplomatie helvétique, la voie du dialogue entre Israéliens et Palestiniens est le seul moyen d'interrompre «cette dangereuse spirale de violence dont les populations civiles sont les premières victimes».

Dimanche, le ministre suisse des Affaires étrangères Joseph Deiss a fermement condamné ces attentats qui ont fait 25 morts et près de 200 blessés. «L'usage aveugle de la violence constitue une violation des principes humanitaires les plus élémentaires», a précisé le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

Israël sur la sellette

Face à l'horreur que constituent ces attaques-suicides, la conférence humanitaire sur le Proche-Orient - organisée cette semaine à Genève par la Suisse - semble, à première vue, déplacée.

En effet, elle traite du respect de la 4e Convention de Genève dans les territoires occupés par Israël. La réunion qui doit se tenir mercredi n'aborde donc pas la question du terrorisme auquel recourent les Palestiniens.

Elle va bien inviter l'ensemble des parties concernées à respecter les règles du droit humanitaire. Mais la conférence s'adresse avant tout à Israël, en tant que puissance occupante.

Une conférence unilatérale

L'Etat hébreu a d'ailleurs répété à plusieurs reprises que cette réunion et la déclaration finale qu'elle doit adopter sont unilatérales.

Pour le spécialiste du Proche-Orient Pascal de Crousaz, il est justement essentiel de séparer la problématique terroriste de celle de l'occupation: «Cela permet de sortir du débat sur la justification du terrorisme par l'occupation et de l'occupation par le terrorisme».

«Il y a bien, poursuit Pascal de Crousaz, un lien entre la manière dont une occupation est menée, la montée du désespoir qu'elle peut susciter et l'expression de ce désespoir via le terrorisme. Mais dès que vous tenez un discours sur ce lien, vous déplacez le débat de la sphère humanitaire vers la sphère politique.»

Eviter les dérapages

Un dérapage que la Suisse a voulu éviter à tout prix. Ainsi, la déclaration finale que doivent adopter les représentants des Etats présents à Genève mercredi ne peut faire l'objet de discussions de dernière minute.

Pascal de Crousaz admet qu'il existe un décalage entre les problèmes de fond traités par la conférence et la volonté de la communauté internationale d'éviter que la situation ne s'aggrave encore.

Mais ce hiatus entre une préoccupation à court terme et une autre, celle de la réunion, à plus long terme n'est peut-être qu'apparent. «Acculé, Yasser Arafat semble déterminé à prendre des mesures efficaces contre le terrorisme», estime Pascal de Crousaz.

Nouvelles négociations de paix

Comme en 1996, quand une série d'attentats avait obligé le leader palestinien à prendre des mesures drastiques contre le terrorisme, une période de calme pourrait s'installer et ouvrir la porte à de nouvelles négociations de paix. «Si le gouvernement Sharon laisse une chance à Yasser Arafat», souligne Pascal de Crousaz.

Dans ce cas de figure, les questions soulevées par la conférence humanitaire de Genève reviendront au centre des discussions. «Quoi qu'il en soit, cette réunion permet de replacer l'actualité dramatique de ces jours dans son contexte. Un contexte qui n'excuse en rien des attentats assimilables à des crimes de guerre», affirme Pascal de Crousaz.

Frédéric Burnand

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