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Biotechnologies, les investisseurs placent gagnant

Genève accueillait BioData 2003.

(picswiss.ch)

La morosité conjoncturelle pousse les investisseurs à privilégier les sociétés qui ont le plus de chances de commercialiser leurs produits.

BioData 2003 démontre que les investisseurs n'ont pas disparu. Seulement qu'ils sont devenus plus sélectifs.

De 500 à 800 millions de dollars. C'est le montant à investir pour qu'un médicament franchisse les tests cliniques avant de pouvoir être mis sur le marché.

Et, compte tenu de l'environnement économique ambiant, les volontaires ne se bousculent pas au portillon. Ou ,du moins, ils ne se lancent pas sans rechercher un maximum de garanties préalables.

Un optimisme mesuré

Le constat dressé à Genève, à l'issue de la manifestation BioData 2003, est tout en nuances.

La seconde édition de ce rendez-vous annuel - dont l'objectif est de permettre aux sociétés de biotechnologie et aux investisseurs de se rencontrer - n'était pas vraiment placée sous le sceau de l'enthousiasme.

Pourtant, malgré la morosité ambiante et une année boursière 2002 qui a mis à mal l'ensemble du secteur, BioData 2003 a attiré cette année plus de 300 personnes, soit quasiment le même nombre qu'en 2002.

«Cette affluence découle essentiellement de la qualité des intervenants et de l'audience, qui permettent, ensemble, de créer une atmosphère particulière», relève Hervé de Kergrohen, le président de BioData.

Un nouvel incubateur à Genève

Même si le contexte économique reste difficile, cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y plus d'argent à investir dans l'univers de la biotechnologie.

Pour preuve, l'annonce du lancement d'un projet d'incubateur à Plan-les-Ouates (dans le canton de Genève) qui permettra, dans les prochains mois, d'accueillir et de soutenir des start up actives dans les biotechnologies.

Un critère: la commercialisation des produits

Certes, la récession qui a touché simultanément les Etats-Unis, l'Europe et la Suisse a eu pour effet de ramener les investisseurs sur des valeurs traditionnelles ou défensives. En pénalisant, du même coup, les sociétés biotech qui ne deviendront bénéficiaires que dans le futur, puisqu'elles travaillent à la mise au point des médicaments de demain.

Mais ce même marché reste promis à un avenir très prometteur, à condition toutefois de miser sur les sociétés qui parviendront à mettre ces nouveaux médicaments sur le marché.

La tendance s'inverse

Après l'épuration du secteur provoquée par la dégringolade des marchés financiers, qui a permis de distinguer les sociétés avec potentiel des autres, la tendance semble s'inverser.

Depuis le mois d'octobre, en Europe, aux Etats-Unis et dans le reste du monde, les indices biotechnologiques se sont bel et bien repris. Depuis quelques semaines, on constate même le début d'une phase de consolidation.

Preuve que les investisseurs, échaudés par la débâcle de la bulle Internet, sont devenus beaucoup plus sélectifs. Et, compte tenu des perspectives à long terme du secteur, Hervé de Kergrohen salue l'accent mis sur l'essor des biotechnologies au sein de l'arc lémanique.

Prendre le relais des privés

A cette différence que, contrairement à ce qui s'est passé à la fin des années 90, où les investisseurs privés finançaient principalement cette industrie, «il appartient désormais à l'Etat et aux principaux acteurs de la branche de mettre la main à la poche».

Des propos confirmés par le directeur financier d'Axovan, société qui travaille sur le développement de médicaments actifs sur une famille de protéines dont le rôle est crucial dans la communication cellulaire.

«Les montants à disposition des sociétés de biotechnologies sont beaucoup plus faibles qu'il y a deux ans», précise Philippe Dro.

Une situation qui ne l'inquiète pas pour autant. «Après avoir été lessivés par l'implosion des .com, assure-t-il, les investisseurs se tournent aujourd'hui vers des compagnies qui trouvent des produits. Et seul leur succès permettra de restaurer la confiance au sein des marchés financiers.»

12 à 14 milliards de dollars

Les besoins financiers restent très importants. D'après les chiffres articulés par Tim Wells, le chef de la découverte de Serono, le financement des start up nécessite une somme allant de 12 milliards à 14 milliards de dollars.

Fervent partisan de la constitution de pôles de compétences, à l'instar de BioAlps, Tim Wells souligne encore la nécessité de développer une véritable culture «entrepreneuriale» au sein de l'arc lémanique.

En favorisant le dialogue entre entreprises et investisseurs, BioData2003 aura tenté, à sa manière, de permettre aux meilleurs projets de trouver tout ou partie de leur financement.

swissinfo, Jean-Didier Revoin


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