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Bras de fer programmé devant les actionnaires de Kuoni

L'assemblée de mardi s'annonce tumultueuse chez Kuoni

(Keystone)

Nouveau round, mardi, dans le combat que se livrent les dirigeants de Kuoni, le géant suisse des voyages. Daniel Affolter et ses anciens collègues rebelles du conseil d'administration se retrouvent face à face, à l'occasion l'assemblé générale.

La crise qui secoue Kuoni a éclaté il y a une dizaine de jours seulement. Mais elle prend déjà les allures d'un feuilleton à rebondissement. Lutte pour le pouvoir, rémunérations vertigineuses, plaintes pénales. L'entreprise fait parler d'elle de manière bien inhabituelle en Suisse.

Tout semble prêt pour l'affrontement, mardi, devant les actionnaires réunis à Zurich. Avec cette première question: qui présidera l'assemblée générale? Il y a en effet un fauteuil pour deux. Car si Daniel Affolter, le contesté président du conseil d'administration, est bien décidé à diriger les débats, Heinz Müller, le vice-président, compte tout aussi fermement le remplacer.

Comment en est-on arrivé là? Tout a commencé par une rébellion: celle de la direction et d'une majorité du conseil d'administration contre son président, Daniel Affolter, accusé par ses pairs d'abuser de son pouvoir et de vouloir s'enrichir de manière illégale, via la Fondation Kuoni et Hugentobler, qui contrôle 25% des droits de vote au sein du groupe. Fondation qu'il présidait également jusqu'à la fin de la semaine passée.

Depuis, c'est l'escalade. Daniel Affolter, suspendu de ses fonctions par les administrateurs dissidents, rejette les reproches qui lui sont faits et décide de verser l'une des sommes controversées - 8,1 millions de francs suisses qui lui ont été versés par la fondation - à une œuvre de charité. Mais l'histoire de ne s'arrête pas là.

La Fondation Kuoni et Hugentobler décide de porter plainte pénale, notamment contre le vice-président Heinz Müller. La majorité du conseil d'administration fait de même à l'encontre de Daniel Affolter. Œil pour œil, dent pour dent. Entre-temps, les autorités zurichoises rendent un premier verdict, en restreignant le droit de vote de la fondation, dans la perspective de l'assemblée générale de mardi.

Daniel Affolter alors contre-attaque, en accusant les dirigeants de Kuoni de vouloir dissimuler des erreurs de gestion. Il évoque notamment les difficultés que rencontre Kuoni dans son développement en Scandinavie. Des critiques à leur tour repoussées par les administrateurs.

Chacun, en outre, bat le rappel des troupes. Ainsi, la direction et les administrateurs rebelles mettent en avant les lettres de soutien signées par des collaborateurs de l'entreprise. Alors qu'Alfred Kuoni, le fils du fondateur, a réitéré lundi dans une lettre son appui à Daniel Affolter.

C'est donc en plein bras de fer que qu'a lieu l'assemblée de mardi. Et comme pour donner corps aux incertitudes qui entourent l'avenir de l'entreprise, les investisseurs ont sanctionné le titre Kuoni à la Bourse suisse, lundi, lui faisant perdre 6%, à 700 francs suisses.

Pierre Gobet, Zurich


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