C'est la tête d'Yvette Jaggi qui est demandée

Pour Yvette Jaggi, la décision du Sénat est "digne de l'ex-RDA". Keystone Archive

Les caciques démocrates-chrétiens veulent le départ de la présidente de Pro Helvetia à cause l’exposition Thomas Hirschhorn au Centre culturel de Paris.

Ce contenu a été publié le 09 décembre 2004 - 18:15

Yvette Jaggi fustige les détracteurs de sa fondation et défend le droit à l'indépendance de l’artiste iconoclaste incriminé par la droite bourgeoise.

L'exposition sulfureuse de Thomas Hirschhorn à Paris continue de susciter des remous.

Jeudi, dans les colonnes du quotidien de boulevard alémanique Blick, Reto Nause, secrétaire général du Parti démocrate-chrétien (PDC), exige le départ d'Yvette Jaggi.

Et précise qu’il s'agit là d'un sentiment règnant actuellement au sein du groupe parlementaire PDC. Mais aucune décision officielle n'a été prise.

Si la présidente de Pro Helvetia se retire, la décision du Conseil des Etats (Chambre haute du parlement) de réduire le budget de la fondation d'un million de franc devrait être revue, ajoute Reto Nause.

Pas contre les artistes

La décision du Conseil des Etats n'est pas dirigée contre les artistes, ajoute le chef du groupe parlementaire PDC Jean-Michel Cina. Elle doit être comprise comme un avertissement à la direction de Pro Helvetia de ne pas distribuer de l'argent public à des projets qui contreviennent à la convenance.

Le PDC ne souhaite pas punir la culture. Le million de francs enlevé à Pro Helvetia pourrait être investi dans un autre domaine, la protection du patrimoine par exemple.

«Digne de l'ex-RDA»

Yvette Jaggi réplique par le biais d’une interview publiée jeudi dans le quotidien Le Temps. Et elle ne mâche pas ses mots.

Selon elle, «la décision du Conseil des Etats contient un lot de paradoxes. Par exemple, ceux qui fustigent la culture d'Etat, l'art subventionné, mènent soudain une politique ultradirigiste digne des dirigeants de l'ancienne République démocratique allemande.»

En se comportant ainsi, ils ne font que conforter la critique de Thomas Hirschhorn, ajoute-t-elle. «Dans ce pays, c'est un privilège historique réservé à la culture que d'être traitée de manière aussi brutale et expéditive».

La décision du Conseil des Etats, prise sous la pression de la presse à sensation, est selon elle «une erreur à réparer».

Et si l’autre chambre du parlement confirmait cette sanction budgétaire, où faudrait-il couper? La présidente ne cache pas que Pro Helvetia a envisagé l’hypothèse. Mais il est trop tôt pour décider, et encore plus pour en parler.

Selon Yvette Jaggi, les autorités doivent respecter l'indépendance des artistes et créer les conditions facilitant la réalisation de projets. «C'est un principe absolu, on n'intervient jamais sur les contenus».

swissinfo et les agences

En bref

- Pro Helvetia a versé 180'000 francs pour soutenir l'exposition Swiss-Swiss Democraty.

- Pro Helvetia a un budget annuel de 34 millions de francs.

- Le Conseil des Etats a décidé de le réduire d’un million, suite à l'exposition controversée au Centre culturel suisse de Paris.

- Le Conseil national doit encore se prononcer.

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