Carton jaune pour la direction de La Poste

Environ 70 personnes ont participé au blocage du centre de tri de Haerkingen. Keystone

Le blocage pour quelques heures durant la nuit de mercredi à jeudi de quatre grands centres postaux de tri n’était qu’un premier avertissement.

Ce contenu a été publié le 25 novembre 2004 - 10:39

Le Syndicat de la communication menace de lancer des actions plus dures encore pour forcer La Poste à respecter la convention collective de travail.

Le Syndicat de la communication estime que le blocage fera «revenir à la raison» la direction de La Poste. Mais si cela ne devait pas être le cas, il n'exclut pas des actions plus dures.

De nouvelles mesures sont d’ailleurs déjà planifiées. Elles seront discutées, voire décidées, vendredi lors de la conférence d'entreprise Poste du syndicat, a indiqué jeudi Christian Levrat, président du Syndicat de la communication.

Tout dépendra de l'accueil que réservera La Poste aux exigences syndicales, a-t-il expliqué, rappelant au passage que l'offre de compromis du syndicat était toujours valable.

Directeur général de La Poste, Ulrich Gygi laisse également la porte ouverte à la négociation. «Nous avons présenté une offre de négociation aux syndicats il y a une année, a-t-il indiqué sur les ondes de la Radio Romande. Mais les syndicats ont pratiquement refusé d'entrer en matière. Notre offre de dialogue reste maintenue.»

Mais le directeur n’oublie pas pour autant son objectif. «Nous aimerions développer la convention collective dans le sens de plus de flexibilité», a-t-il rappelé. Une mesure à ses yeux d’autant plus nécessaire que La Poste se trouve confrontée à une concurrence toujours plus vive.

Blocage des centres de tri

Le blocage des centres de distribution des colis de Daillens (Vaud), Härkingen (Soleure) et Frauenfeld (Thurgovie) avait été lancé mercredi peu avant minuit. Quelque 200 employés et syndicalistes y ont participé, empêchant les camions de livraison d’accéder au site.

Le mouvement était initialement prévu jusqu’à jeudi matin 08h00. Mais il s’est finalement achevé à 04h30.

Bernard Faillettaz, du Syndicat de la communication, a indiqué que la fin de l'action avait été décidée à la suite de discussions entre représentants des syndicats, de La Poste et des policiers. «Nous voulions éviter l'escalade et une intervention musclée des forces de l'ordre», a-t-il expliqué.

«On ne souhaite pas prendre les clients en otage dans ce conflit, a ajouté Christian Levrat sur les ondes de la Radio Romande. On a choisi des actions qui minimisent les risques de perturbation du trafic pour les clients. Aujourd'hui, on a envoyé un signal très clair à La Poste; il faut qu'elle l'entende. La balle est dans son camp.»

A noter que le centre de tri du courrier de Bellinzone (Tessin) s'est également joint au mouvement jeudi matin vers 02h00. Une quarantaine de personnes y ont participé. Le retour à la normale est intervenu à 07h30.

«But atteint»

Giorgio Pardini, vice-président du Syndicat de la communication a affirmé de son côté que le but visé était atteint. «La Poste ne pourra pas rattraper les retards (d'acheminement des colis) provoqués par le mouvement de blocage», a-t-il ajouté.

Porte-parole de La Poste, Richard Pfister a assuré que le géant jaune allait tout mettre en oeuvre ce jeudi pour que les clients ne souffrent pas de retards trop importants.

Selon La Poste, pour la Suisse romande, 70 à 80% des colis seront acheminés dans les délais. Mais la situation aurait pu être bien plus grave.

«Si le blocus avait été maintenu jusqu'à 08h00, plus de la moitié des colis et une grande majorité des lettres et des express n'auraient pas été distribués dans les délais», a précisé André Mudry, autre porte-parole de La Poste.

Opération coup de poing



Le syndicat avait décidé de mener cette action coup de poing après l'échec mardi d'une nouvelle tentative de conciliation avec Ulrich Gygi qui s'oppose au syndicat au sujet de la convention collective de travail (CCT) en vigueur.

Le géant jaune avait accepté de laisser le texte inchangé après de dures négociations conclues en juin. Le syndicat accuse toutefois La Poste de rupture de contrat dans la mesure où elle crée des filiales autonomes pour échapper aux conditions fixées dans la convention.

Du même avis sur la stratégie suivie par La Poste, transfair, un autre syndicat, a décidé de suivre le chemin fixé par la CCT. Le syndicat va déposer plainte auprès de la commission paritaire ce jeudi, en vue de stopper les externalisations dans le respect du partenariat social.

swissinfo et les agences

En bref

- Juin: La Poste et le Syndicat de la communication renouvellent le contrat collectif de travail.

- 8 octobre: La Poste annonce l'externalisation de 270 postes de travail. Les syndicats accusent la direction de recourir à des services externes pour abaiser les standards salariaux prévus par la convention.

- 23 novembre: échec d'une tentive de conciliation. Le lendemain, le ministre Moritz Leuenberger n'a pas plus de succès.

- Nuit du 24 au 25 novembre: les syndicalistes occupent quatre centres de tri.

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