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Castolin supprime 110 emplois à St-Sulpice

Castolin ne fabriquera plus de soudure à St-Sulpice.

(Keystone)

Conséquence directe du rachat l'an dernier de Castolin par l'allemand Messer: le groupe leader dans la fabrication de produits de soudure élimine certains «doublons». La production qui se faisait encore aux portes de Lausanne part en France, en Allemagne et en Irlande et 110 postes de travail sur 160 seront supprimés.

Castolin+Eutectic, c'est d'abord une «sucess story» vieille de presque un siècle. En 1902, Jean-Pierre Wassermann invente un procédé révolutionnaire de soudure à basse température pour la protection et la réparation de pièces métalliques impossibles à assembler autrement.

En 1906, il ouvre sa première usine à Saint-Sulpice. Reprise par son fils René dans les années 30, la société étend sa gamme de produits aux décapants, aux alliages pour le brasage et à la soudure pour la fonte. Castolin essaime rapidement aux Etats-Unis - sous la marque Eutectic -, puis dans le monde entier.

En 1967, René Wassermann fonde l'institut Castolin+Eutectic, qui formera des générations de soudeurs spécialisés et qui, lui aussi, essaime rapidement de Saint-Sulpice aux principaux sites de groupe en Europe et ailleurs. Les soudures Castolin sont partout: dans l'industrie lourde, dans l'automobile et dans la construction.

Ainsi, lorsque les héritiers de la famille Wassermann décident l'an dernier de vendre leur groupe à l'allemand Messer Cutting & Welding - à peine plus gros que lui en termes de chiffre d'affaires -, ce n'est pas d'un sauvetage qu'il s'agit, mais bien d'un mariage entre deux partenaires en pleine santé. Ensemble, ils vendent pour près de 600 millions de francs de produits par année.

Et, comme toujours dans ces cas, les deux firmes superposent leurs organigrammes pour éliminer les doublons. Ainsi, la production encore installée à Saint-Sulpice fait-elle double emploi avec d'autres, en France, en Allemagne et en Irlande.

Sur l'ensemble du groupe, ces restructurations vont aboutir à la disparition de 200 postes de travail. Mais avec 110 suppressions, c'est Saint-Sulpice qui paie le plus lourd tribut. N'y resteront qu'une cinquantaine de personnes, occupées essentiellement à des activités de support de vente.

La direction du groupe n'entendait pas divulguer la triste nouvelle avant la fin du mois. Mais une fuite dans la journée de lundi et une annonce sur les ondes de la Radio romande a obligé Pierre Baudat, directeur de Castolin+Eutectic international, à sortir du bois.

«Les licenciements s'étaleront entre cet été et le début du printemps 2002, explique ce dernier. Nous allons bien sûr offrir un plan social à ces employés, ainsi qu'une aide au replacement.» Pour l'heure, Pierre Baudat n'en dira pas plus.

Avec la disparition de la production à Saint-Sulpice, c'est le site historique de Castolin qui change de vocation. Une page se tourne donc, même si le siège du groupe est, depuis l'an dernier, déjà installé à Francfort.

Marc-André Miserez

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