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Ce Vert qui veut tenter de barrer la route à Christoph Blocher

Luc Recordon, le regard tourné vers les sommets.

(Keystone)

Luc Recordon, ce nom est sur toutes les lèvres. Après son ascension fulgurante à la Chambre haute du Parlement, le Vert vaudois espère maintenant éjecter Christoph Blocher du gouvernement.

Ses chances de l'emporter sont pratiquement nulles, mais cet homme plein de ressources n'en a cure. Portrait.

Luc Recordon ne passe pas inaperçu sous la Coupole fédérale. Doté d'un physique imposant et d'un visage jovial ourlé d'une crinière léonine, le sénateur vaudois a une démarche incertaine. Le handicap dont il souffre l'oblige en effet à porter des prothèses pour remplacer ses tibias et ses péronés.

Il y a deux ans, en plein débat sur les diagnostics préimplantatoires, ses propos avaient glacé et ému ses collègues, lorsqu'il confiait devant la tribune de la Chambre basse qu'il aurait préféré ne pas venir au monde, plutôt que d'avoir à vivre avec ce lourd handicap.

Des mots durs qui avaient déconcerté, d'autant que Luc Recordon passe pour un homme solaire et avenant.

Docteur en droit

Son infirmité ne l'a cependant pas empêché de mener à bien ses études d'ingénieur, suivies d'un cursus en droit couronné par un doctorat, et de se lancer passionnément dans la politique.

En 2003, Luc Recordon a ainsi décroché un siège au Conseil national (Chambre basse). Récemment, il a été élu au Conseil des Etats avec la socialiste Géradine Savary, excluant du coup le Parti radical (PRD.)

«J'ai l'esprit polyvalent, je m'intéresse à tout. Et, par définition, la politique touche des domaines très divers, aime à souligner Luc Recordon, pour expliquer son engagement. Mon histoire personnelle a développé en moi un sens aigu de la justice.»

Valeurs républicaines

Après avoir été l'un des deux premiers sénateurs verts élus au Conseil des Etats (Chambre haute), aux côtés du Genevois Robert Cramer, Luc Recordon ne s'est pas endormi sur ses lauriers.

Il a décidé de se mettre à disposition de son parti pour défier le tribun de l'Union démocratique du centre (UDC) et actuel ministre de la Justice, Christoph Blocher, lors des élections au Conseil fédéral agendées le 12 décembre.

Ses chances d'entrer au gouvernement sont infimes, le Vaudois en est conscient: «J'ai entre 5 et 10% de chances d'y parvenir». Mais pour Luc Recordon, c'est une question de morale politique.

«Moins qu'une revendication des Verts, c'est avant tout d'une candidature de combat et d'une alternative à la présence au Gouvernement de l'aile dure de l'UDC, dont il s'agit», explique ce candidat atypique.

«Avec sa ligne politique, Christoph Blocher bafoue les institutions et les gens. Son goût du pouvoir absolu doit être combattu», ajoute encore le nouveau conseiller aux Etats écologiste.

«J'en appelle aux valeurs républicaines qui sont les nôtres et au respect de l'équilibre entre les pouvoirs. Des valeurs qui sont aussi celles de 71% des citoyens qui n'ont pas voté UDC le 21 octobre dernier.»

Un extrémiste constructif

Luc Recordon ne se laisse pas intimider par la menace de l'UDC, qui prévoit de passer dans l'opposition en cas d'éviction de Christoph Blocher.

«L'UDC ferait moins de dégâts hors du gouvernement. Le parti exploiterait certes tous les instruments de la démocratie directe, mais une telle attitude à des limites. De toute manière, l'UDC le fait déjà, preuve en est l'initiative sur les minarets.»

Pendant ses quatre années au Conseil national, Luc Recordon s'est notamment distingué par son ton combatif. L'analyse de son comportement de vote le situe à l'extrême gauche du Parlement. Pourtant, il réfute l'étiquette d'«écolo» rigide et fondamentaliste.

«Ceux qui me connaissent savent que j'aime trouver des solutions. D'ailleurs, je suis plus à l'aise au Conseil des Etats, où la personnalité des députés compte davantage que leur couleur politique», souligne le Vaudois.

Certains observateurs vont même jusqu'à voir en lui une sorte d'héritier de la tradition libérale radicale vaudoise et évoquent le style du défunt ministre Jean-Pascal Delamuraz.

Berceau libéral, élans libertaires

En fait, c'est dans les années septante que Luc Recordon s'est frotté pour la première fois à la politique, alors que le mouvement écologiste n'en était encore qu'à ses prémices en Suisse.

Mais, c'est dans le berceau familial que le bouillonnant Vert vaudois s'est forgé sa culture politique: «J'ai été marqué par une éducation libérale, à laquelle j'ai donné un pli presque libertaire par la suite», confie le sénateur. «C'est sans doute ce qui m'a empêché d'adhérer à la gauche traditionnelle, dont je ne partageais pas la vision de l'étatisme».

Le jeune Recordon se méfiait d'ailleurs des partis en général, qui lui paraissaient trop occupés à défendre leurs acquis. «J'ai fait mes premiers pas dans les mouvements», se souvient-il.

Des expériences enrichies par de nombreux voyages au long cours. Malgré un emploi du temps chargé, Luc Recordon a parcouru l'Asie et l'Amérique latine. «Ces expériences vous marquent et vous enseignent un certain sens du recul», ajoute le politicien.

Ainsi, en 1996, lorsque Josef Zysiadis décrochait le plus grand nombre de voix et faisait son entrée au Conseil d'Etat, Luc Recordon se trouvait en Chine.

L'épisode lui avait été raconté au téléphone par sa secrétaire, très émue: «J'ai éclaté de rire, parce que, franchement, vu de Chine, ce résultat prenait une importance toute relative».

swissinfo, Andrea Tognina
(Traduction et adapation de l'italien: Nicole Della Pietra)

LUC RECORDON

Luc Recordon est né en 1955 à Pully, dans le canton de Vaud.

Après sa formation d'ingénieur à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, il se lance dans des études de droit, qui le conduiront jusqu'au doctorat.

Aujourd'hui, il dirige une étude d'avocats à Lausanne.

Il est membre du conseil d'administration de la Banque cantonale vaudoise.

Depuis 1990, il siège au conseil municipal de la commune de Jouxtens-Mézery, près de Lausanne. Entre 1990 et 2003, il a été député au Grand Conseil vaudois.

En 2003 il est élu au Conseil national, et c'est en 2007 qu'il fait son entrée au Conseil des Etats.

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