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CERN: le LEP à la casse

Le LEP va disparaître pour laisser son tunnel au LHC, dont on voit ici une section de la maquette.

(Keystone)

Un mois de sursis n´aura pas suffi au LEP, le grand accélérateur-collisionneur du CERN, pour capturer le boson de Higgs. Mercredi, la direction du laboratoire européen de physique des particules a décidé d´entamer le démontage de l´immense machine.

La nouvelle avait mis toute la communauté scientifique en émoi. En «gonflant» la puissance du LEP jusqu'à la limite de résistance de ses composants, les physiciens du CERN parvenaient cet été à déceler des traces qui pourraient être la signature du boson de Higgs, la particule la plus recherchée du moment.

Ces minuscules grains de matière que traquent les physiciens sont hors de portée de nos microscopes les plus puissants. La seule manière de les étudier est donc de les accélérer à des vitesses proches de la lumière, de les faire entrer en collision et d'examiner les traces qu'elles laissent sur des plaques ultra-sensibles.

En onze ans d'existence, le LEP (large electron-positron collider) a permis à la théorie standard des particules de faire des bonds de géant. Mais pour tenir debout, ce modèle a besoin d'une particule jusqu'ici encore insaisissable: le Higgs - comme l'appellent familièrement les physiciens. Prouver son existence n'est toutefois pas une mince affaire et les premiers indices décelés au CERN ont besoin de multiples affinages et vérifications avant que l'on puisse crier victoire.

C'est dans ce contexte d'incertitude que le CERN décidait en septembre d'accorder un sursis d'un mois au LEP, prévu initialement pour s'arrêter début octobre. Le 2 novembre, on débranchait le grand accélérateur, comme on le fait chaque année pour les travaux de maintenance. Mais la question était de savoir s'il allait repartir.

Les scientifiques du CERN ont passé ces derniers jours à examiner calmement leurs résultats et le verdict est tombé mercredi: au vu des preuves réunies jusqu'ici, la découverte du Higgs est encore trop incertaine pour que l'on puisse continuer avec le LEP. Et ceci d'autant que le LEP doit être démonté pour laisser place au LHC (large hadron collider), une machine nettement plus puissante, qui permettra à coup sûr de capturer la précieuse particule.

Selon Neil Calder, porte-parole du CERN, la décision prise mercredi obéit à une logique purement scientifique. Il n'empêche que le prix d'un retard dans ces travaux planifiés de longue date aurait été à la hauteur du chantier: proprement pharaonique. Soit 100 millions de francs pour quatre mois de prolongation, entre la facture d'électricité et les dédommagements aux entreprises.

En attendant la mise en service du LHC, le CERN va maintenant se retrouver cinq ans sans grand accélérateur de particules. Et il est probable que d'ici-là, les Américains du laboratoire Fermilab à Chicago auront décroché le Higgs - et le Prix Nobel de physique qui ne manquera pas de s'y rattacher.

Marc-André Miserez

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