Des manifestants venus interpeller le conseil municipal de Chambéry, à la suite du décès d'un homme mercredi lors d'une expulsion, ont été mis dehors par la police lundi soir. Une militante placée en garde à vue, a-t-on appris de sources concordantes.

Environ 120 personnes selon la police, entre 150 et 200 selon les manifestants, s'étaient réunies en début de soirée devant la mairie. Ils ont protesté contre l'expulsion au cours de laquelle un père de quatre enfants âgé d'une cinquantaine d'années est mort d'un arrêt cardiaque mercredi dernier à Chambéry.

La famille n'avait jamais payé pour ce logement décrit comme "insalubre, sans eau ni électricité, mais mieux que la rue" dans un communiqué par DAL (Droit au logement). La tentative d'expulsion de mercredi était la troisième en quelques semaines.

Le père de famille s'est énervé, les policiers l'ont emmené menotté dans leur voiture, et il est décédé peu après. L'autopsie a révélé une "dysfonction cardiaque", mais pas "de coup ou de violence" de la part des policiers.

Une minute de silence

Le DAL notamment, ainsi que des proches du père de famille, dont son frère, ont observé une minute de silence devant la mairie, lundi, et pris la parole pour exiger la fin des expulsions et le relogement de la famille, qui vit depuis cinq jours dans un foyer.

Les manifestants ont ensuite décidé "d'interpeller le conseil municipal", a expliqué un des militants. "On n'a pas été écoutés", a-t-il déploré, "le maire a appelé la police qui a été extrêmement violente".

Vers 21h00, quelques dizaines de manifestants s'étaient déplacés vers le commissariat pour protester contre l'interpellation d'une militante. La directrice départementale de la Sécurité publique, Laetitia Philippon, a indiqué que cette personne "avait mordu" un policier et se trouvait en effet en garde à vue.

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