Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Chocolatier suisse sous pression en Côte d'Ivoire

Quelque 15 000 enfants travailleraient dans des plantations en Côte d'Ivoire.

(Keystone)

L'esclavage des enfants dans les plantations cacaoyères éclabousse aussi le groupe Barry Callebaut, premier exportateur en Côte d'Ivoire. Sommé par le Premier ministre ivoirien de payer plus cher le cacao aux producteurs, le géant suisse du chocolat préfère participer à un groupe travail créé à Londres.

Mardi seront divulguées, dans la capitale britannique, les conclusions de la réunion qui s'est tenue mercredi dernier à Londres sur le thème de l'exploitation enfantine dans les plantations cacaoyères.

L'affaire de l'Etireno, un bateau transportant des enfants destinés à l'esclavage qui a finalement accosté au Bénin le mois dernier, a fait grand bruit à Londres. Des représentants de l'industrie chocolatière et des ministres des pays producteurs de cacao se sont rencontrés pour réfléchir aux moyens de mettre fin à l'exploitation de la main-d'œuvre enfantine sur les plantations.

En Côte d'Ivoire, on tombe d'accord sur le principe de la lutte contre l'esclavage, en revanche, les responsabilités font l'objet d'interprétations diverses.

Le groupe Barry Callebaut est parmi les plus concernés par le débat. Le géant suisse du chocolat est le premier exportateur en Côte d'Ivoire de produits semi-transformés à partir du cacao.

Barry Callebaut se dit prêt à participer au groupe de travail mis sur pied à Londres. Il s'agira de remonter les filières, c'est-à-dire d'établir une traçabilité du cacao. Ensuite, les producteurs employant des enfants pourraient être mis à l'index.

Pour autant, il ne faut pas selon Barry Callebaut exagérer la responsabilité des grands groupes. Ils n'ont pas de liens directs avec les producteurs, dont ils sont séparés par une foule d'intermédiaires. Une responsabilité que dénonce pourtant le Premier ministre ivoirien.

Pascal Affi N'guessan estime en effet que l'industrie chocolatière, qui achète le cacao, est au cœur du problème. «Si on veut mettre un terme au travail des enfants, il faut payer plus cher le producteur, et prendre en compte la dimension sociale».

Les chocolatiers s'empressent alors de rappeler que les prix sont fixés sur les marchés mondiaux. Les analyses des autorités et des industriels convergent sur un point: le débat est hypocrite.

Car c'est finalement l'ensemble d'un système qui est en cause, «dans un contexte où les cours mondiaux des matières premières ont connu une baisse historique», rappelle un chocolatier basé en Côte d'Ivoire.

«Une chose est sûre, souligne un responsable de Barry Callebaut, si l'esclavage est bien lié à un phénomène économique, alors il n'y aurait rien de pire qu'un boycott du chocolat».

Virginie Gomez, Abidjan


Liens

×