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Une COP23 à Bonn, nouvelle conférence annuelle de l'ONU sur les changements climatiques, se tiendra en novembre prochain (photo symbolique).

Keystone/AP/MARTIN MEISSNER

(sda-ats)

Les délégués climat du monde entier ont conclu jeudi à Bonn dix jours de négociations, malgré les incertitudes que Washington fait peser sur le sort de l'accord de Paris contre le réchauffement de la planète. Selon la Suisse, des progrès ont été réalisés.

"Il est désormais réaliste que les règles d'application de l'accord sur le climat de Paris (COP21) puissent être adoptées en 2018", a affirmé jeudi à l'ats Franz Perrez, chef des affaires internationales à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), le négociateur de la délégation helvétique à Bonn. Des propositions de la Suisse ont d'ailleurs reçu un écho positif, selon lui.

"L'objectif est que tant les Etats que les acteurs non gouvernementaux comme les villes et les entreprises intensifient leurs efforts pour réduire les émissions", souligne M. Perrez. "Cela implique des efforts collectifs", insiste-t-il.

Elan commun pour avancer

"Nous devons avancer quels que soient les obstacles", a pour sa part dit l'ambassadrice fidjienne, Nazhat Shameem Khan, dont le pays présidera en novembre la COP23 de Bonn, la conférence annuelle de l'ONU sur les changements climatiques.

"Nous ne devons pas renoncer parce que l'un de nous a décidé de 'quitter la famille'. A ce stade les Etats-Unis n'ont pas pris de décision, et nous espérons qu'ils resteront dans l'accord. Mais nous n'arrêterons pas notre travail, même si la décision est négative", a-t-elle ajouté, saluant des discussions "positives" pendant ces deux semaines et un "élan commun".

Pour le négociateur suisse, la sortie des Etats-Unis de l'accord ne serait pas une catastrophe, car de nombreux pays, en particulier la Chine, tiennent à cet accord. Et dans le cas d'une réduction des objectifs climatiques de Washington, M. Perrez estime alors que "ce ne serait a priori pas une rupture de l'accord, mais plutôt une violation de son esprit".

Rigueur versus souplesse

Entamé dans la crainte que les hésitations américaines démotivent les négociateurs voire créent un effet domino sur certains pays, ce round se termine sur une volonté exprimée de "rester positifs".

"L'esprit est bon. Il y a des débats: certains comme l'UE veulent plus de rigueur sur l'application de l'accord, d'autres plus de souplesse... Mais il n'y pas eu les graines du blocage souvent vues dans le passé", avant l'adoption fin 2015 de l'accord mondial contre le réchauffement, note David Levai, ancien négociateur français, aujourd'hui à l'Institut du développement durable à Paris.

"Ce contexte américain crée une forme de solidarité: on fait bloc, c'est un peu comme 'l'effet pack' en rugby", dit-il.

Rien de tangible sur le fond

Techniques, les débats ont surtout porté sur de la procédure autour des règles d'application de l'accord de Paris. Rien de tangible n'est toutefois sorti sur le fond de ce "mode d'emploi de l'accord" que les négociateurs ont jusqu'en 2018 pour préciser.

En attendant, le processus climatique reste donc suspendu à la décision du président américain Donald Trump. Il semble désormais hésiter, après avoir promis pendant sa campagne qu'il retirerait son pays de cet accord présenté par lui comme un "canular" fomenté par les Chinois.

A Bonn, la délégation américaine elle-même est restée tout ce temps en attente d'instructions. Réduite à son minimum historique, selon les observateurs admis dans ces sessions à huis clos. "Leur chef est un négociateur expérimenté. Il a répété 'notre position est en train d'être réétudiée'", a dit la responsable climat de l'ONU Patricia Espinosa.

Regards tournés vers les G7 et G20

Tous les regards sont désormais tournés vers les sommets du G7 des 26 et 27 mai, et du G20 en juillet en Allemagne. "Nous travaillons dur avec de nombreux amis dans le monde pour convaincre les Etats-Unis que rester au sein de l'accord de Paris est le bon choix", a dit le secrétaire d'Etat auprès du ministère allemand de l'Environnement.

L'accord de Paris, conclu sous l'égide de l'ONU, vise à limiter le réchauffement global en-deçà de 2°C voire 1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

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ATS