Comment inciter les Suisses à fumer moins

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Les Suisses sont parmi les plus gros fumeurs d'Europe. Mais une augmentation sensible du prix des cigarettes ne suffira probablement pas à régler le problème.

Ce contenu a été publié le 07 février 2002 - 10:29

5 francs et 60 centimes... C'est le prix auquel neuf associations veulent fixer le paquet de cigarettes. Pour inciter les Suisses - en particulier les jeunes - à arrêter de fumer.

Selon certaines études, une augmentation de 10% du prix du tabac permettrait de réduire la consommation de cigarettes, à moyen terme, d'environ 4%.

L'incitation fiscale est efficace et universellement reconnue. D'ailleurs, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en a fait l'outil principal de sa lutte contre le tabagisme.

Mais, en Suisse, cette mesure ne réussira probablement pas à contrer, à elle seule, l'échec des politiciens face à un problème de santé publique. Qui coûte chaque année 10 milliards de francs.

Les jeunes fument de plus en plus

Les jeunes fument toujours. Et ils sont toujours plus nombreux. Selon les derniers chiffres publiés par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), le pourcentage de fumeurs parmi les 15-19 ans est passé de 23% à 40% en cinq ans.

A l'évidence, les adolescents n'ont pas été sensibles aux augmentations successives de prix décidées par le Conseil fédéral. Directeur de l'Institut d'économie et management de santé et auteur d'une étude qui démontre l'efficacité de la taxation des cigarettes, Alberto Holly relativise.

Selon lui, «les prix élevés n'empêchent pas les jeunes de commencer à fumer. Par contre, ils les poussent à diminuer leur consommation de cigarettes.»

Une politique inefficace

D'aucuns préconisent une augmentation massive du prix du paquet de cigarettes. En soulignant que la politique des «petits pas» menée depuis 1990 par le Conseil fédéral n'est pas très efficace.

En fait, la Confédération ne se donne simplement pas les moyens de lutter contre le tabagisme. Pour d'aucuns, la législation helvétique ne serait pas assez regardante sur la publicité. Et elle ne fait pas vraiment le poids face à l'industrie du tabac.

Certes, la Suisse dépense près de 6 millions de francs par an pour la prévention du tabagisme. Mais ses campagnes anti-tabac ne peuvent pas rivaliser avec celle des grands cigarettiers.

Les milieux de la prévention proposent de verser une partie du revenu de la nouvelle taxation dans un fonds destiné à renforcer la lutte contre le tabac. «Mais, affirme Philippe Vallat, coordinateur du programme national de prévention du tabagisme, pour cela il faudrait modifier la Constitution.»

Caroline Zuercher

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