Comment lutter contre le trafic d'êtres humains

Parmi ces femmes qui se font prendre dans les filets des trafiquants, plusieurs finissent dans les rues de Suisse. Keystone Archive

A Bruxelles, la Suisse participe à la Conférence européenne sur la lutte contre le trafic des êtres humains.

Ce contenu a été publié le 18 septembre 2002 - 20:24

Elle vient de signer un accord de coopération avec Europol, qui prévoit l'échange d'informations entre les polices suisse et européennes.

Deux millions de personnes sont victimes chaque année dans le monde des réseaux de trafic des êtres humains. La moitié sont des enfants.

En Europe, on estime que le nombre annuel des victimes s'élève entre 120 000 et 200 000. En grande majorité, ce sont des femmes et des enfants.

Pour la première fois, l'Union européenne (UE) en collaboration avec l'Office international des migrations (OIM), dont le siège est à Genève, organise une grande conférence sur le sujet.

Ouverte mercredi à Bruxelles, cette conférence - qui dure trois jours- vise à jeter les bases d'une politique européenne coordonnée. Car une telle forme de criminalité, qui est organisée au niveau international, exige une réponse collective et concertée entre les gouvernements.

La Suisse participe activement à cette rencontre. «Nous sommes solidaires des préoccupations de l'Union européenne dans le domaine du trafic des êtres humains», explique Alain Guidetti, chef de section de politique humanitaire et de migration au Département fédéral des affaires étrangères.

Un pays de destination

Selon Alain Guidetti, la Suisse est un pays de transit, à l'instar des pays de l'Union européenne. Mais elle est surtout un pays de destination.

Attirées par la richesse helvétique, des femmes, originaires principalement d'Europe centrale et orientale, se font prendre sans le savoir dans le filet tendu par les trafiquants d'êtres humains. Et elles se retrouvent exploitées dans les sex-shops de Zurich, par exemple.

Berne participe donc à l'effort international pour combattre ce phénomène. La Suisse a ainsi signé la Convention des Nations Unies contre le crime organisé, adoptée à Palerme en décembre 2000. Le processus de ratification est en cours.

Création d'un office de coordination

Sur le plan interne, le gouvernement a décidé de créer au début de l'année prochaine, au sein du Département fédéral de Justice et Police, un service de coordination interdépartemental. Ce service permettra de développer des actions communes, notamment dans le domaine de la prévention et de l'information, entre les polices cantonales.

Par ailleurs, dans le cadre de la modification de la nouvelle loi sur les étrangers, il est prévu de donner la possibilité aux victimes de bénéficier d'autorisations de séjour et d'assistance pour leur retour dans leur pays d'origine. Le projet doit être discuté par le Conseil national l'année prochaine.

Enfin, la Suisse vient de signer un accord de coopération avec Europol, qui prévoit l'échange d'informations et la collaboration lors des enquêtes entre les polices suisse et européennes. Adopté par le Conseil fédéral en avril dernier, cet accord doit maintenant être ratifié par le Conseil européen des ministres de la Justice.

La Suisse ne veut pas jouer un simple rôle de figurant à Bruxelles: «nous espérons faire partie du groupe d'experts qui devrait être créé vendredi à l'issue de la rencontre», confie ainsi Alain Guidetti.

swissinfo/Barbara Speziali à Bruxelles

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