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Le président français Emmanuel Macron à son arrivée au Mali vendredi. Un premier voyage qui suscite la polémique au niveau de l'accréditation des journalistes.

Keystone/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL

(sda-ats)

La presse française a critiqué vendredi la communication verrouillée du nouveau président Emmanuel Macron. Elle estime que cela n'empêchera pas les "clashes" au sein de la nouvelle équipe gouvernementale. L'Elysée a aussitôt tenté d'apaiser les tensions.

Quelques jours seulement après l'investiture de M. Macron, la presse s'est alarmée des tentatives de la présidence de choisir les journalistes couvrant les déplacements du nouveau chef de l'Etat. "Les journalistes qui se sont inquiétés peuvent se rassurer: l'Elysée n'entend pas faire le travail des rédactions", a voulu rassurer le palais présidentiel dans un courrier adressé à Reporters sans frontières (RSF).

En amont du déplacement d'Emmanuel Macron vendredi au Mali, la cellule communication de l'Elysée avait contacté directement des journalistes pour leur proposer de couvrir cette visite. Une entorse sans précédent aux relations entre l'exécutif et les médias.

Lettre ouverte commune

Les sociétés de journalistes de 25 médias parmi lesquels l'AFP, TF1, BFMTV, Europe 1, Le Figaro, Le Monde ou Franceinfo, une quinzaine de responsables de rédactions, ainsi que RSF, ont co-signé une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron. Ils y manifestent leurs "inquiétudes quant à l'organisation de la communication présidentielle".

"Il n'appartient en aucun cas à l'Elysée de choisir ceux d'entre nous qui ont le droit ou non de couvrir un déplacement, quel qu'en soit le thème (défense, diplomatie, économie, éducation, social...)", selon ce courrier. En réponse, l'Elysée a assuré ne pas avoir cherché à "imposer un journaliste plutôt qu'un autre" pour le premier déplacement du chef de l'Etat sur un théâtre d'opération.

Pour sa part, le nouveau porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a jugé que le différend devait être "réglé" car "c'est la liberté de la démocratie française qui est en cause". Mais il n'en a pas moins souligné la volonté de l'exécutif de "fixer le tempo" de sa communication et celle d'Emmanuel Macron d'avoir "une parole rare" et "maîtrisée".

Un autre incident

L'investiture d'Emmanuel Macron avait été marquée par un autre incident, quand la salle de presse de l'Elysée avait été fermée, y compris aux journalistes accrédités permanents, peu après la fin de la cérémonie. La cour d'honneur a également été fermée à la presse à l'issue du premier Conseil des ministres, réuni jeudi, l'Elysée invoquant des "raisons pratiques" pour l'organisation de la traditionnelle photo de famille.

La "philosophie" de l'Elysée "se résume en trois termes" dont le "premier est l'ouverture" à des "journalistes qui jusqu'à présent n'avaient pas d'accès direct au président", a expliqué Sylvain Fort. Il n'y a pas, a-t-il fait valoir, "de journalistes de rang un et de rang deux" ou "seulement les journalistes politiques" même s'ils continueront d'être "le fil rouge de la couverture" de l'Elysée.

"Personne n'est propriétaire ou dépositaire de la parole présidentielle", a-t-il insisté. "Nous indiquons aux rédactions une préférence non pas intuitu personae mais par rapport à la rubrique mais ensuite, c'est la rédaction qui choisit, ce n'est pas nous", a-t-il cependant poursuivi, évoquant le deuxième principe.

Quant au troisième, il s'agit de la "concertation" avec les rédactions, l'Elysée ayant "bien conscience" qu'il "bousculait des habitudes".

ATS

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