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Conflits: des Genevois décortiquent la santé des femmes et enfants

Les chercheurs genevois se sont penchés avec leurs homologues notamment sur la question de la santé des femmes et des enfants en Syrie (archives). KEYSTONE/EPA/YOUSSEF BADAWI sda-ats
Ce contenu a été publié le 25 janvier 2021 - 00:30
(Keystone-ATS)

La santé des femmes et les soins pour les jeunes de plus de 5 ans sont les grands oubliés des conflits. Une étude internationale à laquelle a participé l'Université de Genève, publiée lundi, relève ce manquement. Des travaux sont en cours à l'OMS.

Pendant deux ans, les chercheurs du consortium BRANCH, qui regroupe sept institutions universitaires dans plusieurs pays, se sont penchés sur dix pays en conflit dans lesquels de vastes zones sont contrôlées par des groupes armés. Ils publient cinq articles dans la revue britannique The Lancet, dans lesquels ils appellent à améliorer "urgemment" la santé des civils, notamment celle des femmes et des enfants.

Dans les zones, comme en Syrie, qui échappent à l'autorité du gouvernement, "on a du mal à comprendre ce qui se passe" en termes de santé publique, a expliqué à Keystone-ATS le professeur de l'Université de Genève Karl Blanchet. Cette situation a poussé les chercheurs à élargir leurs efforts à d'autres pays, précise le directeur du Centre d'études humanitaires de Genève, entité conjointe de l'Université et de l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID).

Parmi les enseignements dans les dix pays, le planning familial et les prestations de santé sexuelle et reproductive sont "complètement interrompus" lors des crises. Autre indication, les jeunes sont les oubliés de l'offre de santé publique dans ces conflits, explique également M. Blanchet.

Il mène actuellement un groupe à l'Organisation mondiale de santé (OMS) pour établir des directives mondiales sur la santé des femmes et des enfants dans ces environnements troublés. Mais il faut prendre en considération les composantes de chaque conflit dans la réponse humanitaire, ajoute également le responsable genevois.

Dialogue avec des ONG

Des discussions ont lieu aussi avec d'autres agences onusiennes, mais aussi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Médecins Sans Frontières (MSF) ou l'Appel de Genève.

Plus de la moitié de la population mondiale de femmes et d'enfants se trouve dans des zones de conflit. Ces personnes, affectées de manière disproportionnée, sont confrontées à des difficultés de santé et de nourriture et sont exposées à des violences.

Outre ces travaux, M. Blanchet oeuvre également sur la question de protection du personnel de santé dans les conflits. Et celle de négociations avec les groupes armés pour l'accès à la vaccination contre le coronavirus. Des ONG comme l'Appel de Genève seront importantes pour avancer dans cette discussion, relève encore le chercheur genevois.

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