Conseil fédéral: une élection sans heurts en vue

Les deux candidates officielles du Parti socialiste: Micheline Calmy-Rey (g) et Ruth Lüthi (d). Keystone

L'Assemblée fédérale élit mercredi un nouveau ministre socialiste pour remplacer Ruth Dreifuss, qui quittera ses fonctions le 1er janvier.

Ce contenu a été publié le 03 décembre 2002 - 19:45

Sauf coup de théâtre plus qu'improbable, l'élue sera l'une des deux candidates du «ticket» officiel socialiste.

Seuls trois candidats restent en lice pour cette élection. Les deux candidates officielles du Parti socialiste - la Genevoise Micheline Calmy-Rey et la Fribourgeoise Ruth Lüthi - et celui de l'Union démocratique du centre (droite dure) - le Zurichois Toni Bortoluzzi.

Mais Toni Bortoluzzi n'entre pas réellement en ligne de compte. Ses chances d'accéder au gouvernement sont nulles. En effet, mis à part l'Union démocratique du centre, aucun autre grand parti ne conteste la légitimité de deux sièges socialistes au sein du gouvernement.

Pas de «candidature sauvage»

Trois autres personnalités socialistes s'étaient lancées dans la course au Conseil fédéral: l'actuelle présidente du Conseil national Liliane Maury-Pasquier, le conseiller aux Etats Jean Studer et Patrizia Pesenti, membre du gouvernement tessinois.

N'ayant pas été retenus par le groupe socialiste du Parlement, ces trois candidats ont plus ou moins rapidement annoncé leur retrait de l'élection. Du coup, les deux candidates officielles n'ont pas à craindre une «candidature sauvage» issue des rangs de leur propre parti.

Par ailleurs, les partis bourgeois n'ont pas de raison de rechercher la remplaçante de Ruth Dreifuss hors du «ticket» officiel présenté par le Parti socialiste.

Lors des auditions (hearings) des deux candidates officielles, radicaux, démocrates-chrétiens, écologistes et autres libéraux ont reconnu «très grande qualité» des deux prétendantes socialistes au Conseil fédéral. Nul besoin donc d'aller chercher ailleurs.

Avantage à Micheline Calmy-Rey

Les deux femmes présentent à peu près le même profil. Toutes deux ont l'avantage de disposer d'une expérience dans un exécutif cantonal.

Micheline Calmy-Rey est à la tête des finances du canton de Genève, tandis que Ruth Lüthi dirige les affaires sociales du canton de Fribourg. Or, de l'avis général, toutes deux ont accompli un très bon travail dans leurs cantons respectifs.

Membre du gouvernement fribourgeois depuis plusieurs années, Ruth Lüthi est certainement davantage connue hors de son canton que sa rivale. Pourtant, la Fribourgeoise souffre de deux handicaps qui devraient lui coûter le siège de conseillère fédérale.

Fribourg est d'une part déjà représenté au Conseil fédéral en la personne du démocrate-chrétien Joseph Deiss. Certes, l'article constitutionnel qui interdit à un canton d'avoir deux conseillers fédéraux simultanément a été supprimé. Cependant, on peut douter que les députés accordent un second siège à Fribourg aux dépends d'un grand canton comme Genève.

D'autre part, le siège de Ruth Dreifuss doit revenir à un représentant latin (romand ou tessinois). Or, même si elle représente un canton bilingue à majorité francophone, Ruth Lüthi n'en reste pas moins d'origine alémanique.

Cette origine fait grincer quelques dents parmi les parlementaires romands. Ils estiment que, si Ruth Lüthi était élue, il n'y aurait plus qu'un seul vrai Romand au sein du gouvernement, le Valaisan Pascal Couchepin. En effet, parfait bilingue, Joseph Deiss n'est pas toujours considéré comme un Romand «pur sucre».

Compte tenu de cette situation, Micheline Calmy-Rey fait figure de grande favorite. Mais attention: une élection au Conseil fédéral peut toujours réserver des surprises. On se souvient notamment que Rita Roos, elle aussi grand favorite, avait échoué d'une petite voix au profit d'une certaine Ruth Metzler.

Semblable scénario va-t-il se reproduire? Réponse mercredi.

swissinfo/Olivier Pauchard

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