Coronavirus: le secteur britannique de l'hygiène prospère

Le reflux de la demande n'est pas pour tout de suite chez d'autres acteurs du secteur de la propreté, à savoir les fabricants de papier toilette que s'arrachent les Britanniques, et pas seulement, au point de vider les rayons des supermarchés (archives). KEYSTONE/dpa/Kay Nietfeld sda-ats
Ce contenu a été publié le 20 mars 2020 - 07:51
(ATS)

Des fabricants de papier toilette aux entreprises de nettoyage, le secteur de l'hygiène au Royaume-Uni est très sollicité pour répondre à une demande sans précédent en ces temps de crise sanitaire mondiale.

"Nous n'avons pas connu une situation pareille d'aussi loin que je me souvienne. C'est un défi mais le secteur peut y répondre", explique à l'AFP Paul Thrupp, président de l'organisation professionnelle des spécialistes du nettoyage (British Cleaning Council).

Fantastic Services, qui propose des contrats de nettoyage à des entreprises et particuliers, avec une forte présence à Londres, s'est mise sur le pied de guerre dès l'apparition du virus en Chine début janvier, anticipant que la crise allait bientôt toucher l'Europe.

La demande a été au rendez-vous, pour une société qui propose également des services de réparation et entretien à domicile.

Le confinement de la population n'a pas été décrété, mais le gouvernement britannique a demandé de limiter les déplacements non essentiels, ce qui pousse de très nombreux Britanniques à rester chez eux.

"Du coup, nous avons vu des gens qui voulaient arranger leur chez-soi la semaine dernière, comme refaire la peinture. Ils se préparaient", explique Rune Sovndahl, fondateur de Fantastic Services, interrogé par l'AFP.

La BCC, en première ligne, confie que les entreprises du secteur croulent sous les demandes en tout genre.

Et elle entend "jouer un grand rôle pour préserver la population britannique et faire en sorte d'enrayer la propagation du virus", selon M. Thrupp.

Les professionnels du secteur travaillent soir et week-end pour faire face à l'énorme augmentation des commandes de désinfectants, détergents et autres habits et masques de protection.

De même, les demandes pour des contrats de nettoyage se multiplient, les clients n'hésitant pas à demander des conseils pour un ménage efficace.

Malgré tout, M. Sovndahl redoute une baisse de l'activité si le confinement total arrive, même s'il vient de lancer un nouveau service proposant un nettoyage antiviral.

Changer la donne

En revanche, le reflux de la demande n'est pas pour tout de suite chez d'autres acteurs du secteur de la propreté, à savoir les fabricants de papier toilette que s'arrachent les Britanniques, et pas seulement, au point de vider les rayons des supermarchés.

Les industriels assurent qu'il y en a assez pour toute la population si les achats sont raisonnés, mais font tourner leur chaîne de production à plein, parfois même 24h/24 et 7j/7 comme pour Nova Tissue dans son usine d'Oldham (nord-ouest de l'Angleterre).

"C'est absolument dingue (...). L'entreprise et le secteur sont poussés à leur limite", déclarait son directeur général Khurram Iqbal dans un entretien au tabloïd Daily Mirror mercredi.

La fédération des entreprises du papier, qui confectionne les mouchoirs et le papier toilette, la CPI, avait quant à elle pressé les Britanniques de ne céder à la panique.

Des tensions pourraient toutefois surgir si les approvisionnements de l'étranger se compliquent puisque sur les 1,25 million de tonnes de papiers hygiéniques consommés par an au Royaume-Uni, la moitié est importé.

La hausse de la demande "n'est pas que pour le papier toilette mais aussi pour les essuie-mains et les mouchoirs en papiers", constate Lorcan Mekitarian, président de l'association des fournisseurs de produits de nettoyage et d'hygiène CHSA.

Mais au-delà de l'urgence, cette grave crise sanitaire pourrait selon les professionnels changer pour longtemps le métier, voire leur apporter un surcroît d'activité une fois le coronavirus vaincu.

"Avec cette crise tout le monde réalise que l'hygiène est importante, comme nettoyer les poignées de portes au bureau", prévient M. Sovndahl. "C'est la nouvelle norme".

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