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Coups de frein à l'anglais en Suisse alémanique

Leçon d'anglais sous l'oeil attentif d'Ernst Buschor (à droite), père fondateur du projet.

(Keystone)

L’anglais ne s’est pas encore imposé dans les écoles alémaniques. Les changements sont plus ardus à mettre en oeuvre que prévu.

Doutes pédagogiques, résistances des enseignants ou problèmes financiers: autant d’arguments pour ralentir les réformes.

L’ère Buschor est bel et bien terminée. L’ancien ministre zurichois de l’instruction publique, principal fer de lance de l’apprentissage de l’anglais précoce à l’école, qui a quitté ses fonctions en avril 2003, voit ses projets ralentis par un faisceau inédit de difficultés.

Depuis le lancement de son projet «Schulprojekt 21» début 1998, de nombreux cantons ont pris des décisions de principe favorables au modèle 3/5: anglais dès la 3e année (au lieu de la 7e), et maintien du français dès la 5e.

Les Zurichois ont décidé de mettre en oeuvre leur projet dès la rentrée 2005, tout comme les cantons de Suisse centrale et de Suisse orientale (sans date).

Seulement Appenzell

Mais, jusqu’ici, seul le demi-canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures a mis en place une réforme concrète.

L’enseignement de l’anglais commence désormais en 3e année primaire (au lieu de la 7e), tandis que le français a été repoussé de la 5e à la 7e, avec néanmoins davantage de leçons.

Initiative populaire

Les Appenzellois ont ainsi mis en application une exigence formulée dans une initiative populaire cantonale lancée mercredi à Zurich.

Sous le nom de «Communauté de travail pour des réformes scolaires axées sur la pratique», une quarantaine d’enseignants proches du Parti évangélique et de l’UDC veulent en effet interdire l’apprentissage d’une deuxième langue étrangère au niveau primaire.

Anglais d’abord, français repoussé

Ils privilégient l’anglais dès la troisième ou la quatrième classe et veulent repousser, comme en Appenzell, le français à l’école secondaire, en lui accordant plus de leçons.

«Ainsi, nous remplissons l’une des exigences centrales de la politique nationale», a déclaré Urs Loosli, président des maîtres secondaires SekZH, une branche qui s’était séparée il y a quelques années de l’Association cantonale des enseignants (ZLV).

Les promoteurs de l’initiative estiment que les enfants seront trop mis à l’épreuve par l’apprentissage de deux langues étrangères dès le primaire, d’autant qu’il leur faut intégrer le bon allemand.

Ils rejettent également la méthode par immersion, qu’ils qualifient de «petits bains linguistiques» plus susceptibles de susciter des «blablas» que d’enseigner véritablement quelque chose.

«Paix des langues» menacée

La ministre zurichoise de l’éducation Regine Aeppli réagit avec consternation: «Je trouve extrêmement dommage qu’une interdiction d’apprendre émane précisément des rangs des enseignants, qui sont bien placés pour savoir comment les enfants peuvent être motivés», fustige-t-elle.

«De plus, ajoute-t-elle, vouloir repousser le français va poser un problème de politique nationale inacceptable. Les promoteurs de l’initiative devront porter la responsabilité de s’en prendre à la paix des langues.»

La ministre rappelle aussi que l’enfance est le moment idéal pour apprendre langues étrangères. Ce que confirment tous les travaux scientifiques sur le sujet.

Préparation trop rapide

Reste que les enseignants zurichois sont divisés. Un sondage effectué parmi les 4000 membres de leur association faîtière ZLV montre que 61% d’entre eux sont favorables à une seule langue à l’école primaire.

«Les choses ont été préparées trop vite et beaucoup de problèmes n’ont pas été résolus», estime le président Urs Keller. Principale pierre d’achoppement: l’enseignement par immersion dès la 5e année, qui demande une formation poussée des enseignants.

«Les enseignants ont peur d’être incompétents. Quant aux anglophones, ils ne sont pas forcément spécialistes de sciences naturelles, la branche où l’anglais devrait être enseigné», ajoute Urs Keller.

Regine Aeppli se veut rassurante: «Parler d’immersion est exagéré. Il s’agit de quelques mots choisis dans le vocabulaire quotidien. Sinon, c’est un enseignement normal», explique-t-elle.

Possible échelonnement

«De plus, s’il s’avère que les craintes sont encore très grandes, je peux donc envisager un échelonnement sur trois ans», a indiqué Regine Aeppli à swissinfo.

Sur le plan suisse, la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique prépare une harmonisation des compétences requises au terme de l’école obligatoire (HarmoS) qui devra intégrer les standards linguistiques. Les premiers résultats pourraient être disponibles en 2006.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich


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