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Credit Suisse sauve les boni de ses dirigeants



Le CEO de Credit Suisse Brady Dougan (à dr.) et le président Hans-Ulrich Doerig ont réussi à convaincre.

Le CEO de Credit Suisse Brady Dougan (à dr.) et le président Hans-Ulrich Doerig ont réussi à convaincre.

(Keystone)

Réunis vendredi en assemblée générale à Zurich, les actionnaires du numéro deux bancaire helvétique ont approuvé les boni controversés accordés aux top managers à une majorité de 66,23% des voix représentées.

Credit Suisse a certes échappé à une rébellion du genre de celle subie récemment par sa grande rivale UBS, mais quelque 29,16% de ses actionnaires (dont la fondation genevois Ethos) ont tout de même rejeté le rapport sur les rémunérations.

L’année dernière, 13 managers ont reçu des boni atteignant au total 149 millions de francs, alors qu’en 2008, ils étaient 15 à s’être partagé 107 millions. Les membres du conseil d’administration ont, quant à eux, vu doubler leur compensation à 22,3 millions en 2009.

Le vote est survenu au lendemain de l'annonce par le gouvernement de mesures visant à éviter la répétition des excès salariaux dans le domaine bancaire. Il a notamment décidé de considérer les boni spéciaux comme une distribution de bénéfice, qui seront taxés dès 2 millions de francs.

Comme du reste tout le secteur bancaire international, Credit Suisse a vu sa politique salariale très critiquée ces derniers mois. Ses dirigeants avaient de bonnes raisons de craindre un camouflet du genre de celui infligé par les actionnaires d’UBS il y a deux semaines.

Des sommes énormes

«Nous avons aussi commis des fautes mais notre bon résultat 2009 montre que nous avons fait les pas nécessaires pour renforcer notre capacité concurrentielle», a déclaré le patron de Credit Suisse Brady Dougan.

Lui-même a obtenu un salaire de quelque 19 millions de francs au titre de l'exercice 2009, la plus grande partie sous forme de bonus. Il a en outre reçu au titre du programme de rémunération à long terme PIP lancé en 2004/2005 des actions d'une valeur de 71 millions. Ce paquet ne fait toutefois pas partie du rapport de rémunération 2009.

Brady Dougan a justifié ces boni en déclarant qu’il fallait les considérer en fonction des bonnes performances que l'établissement a réalisées. Clairement, la grande majorité des actionnaires ont accepté ces arguments, mais cela a pris du temps.

Débat nourri

Sur les 2394 présents vendredi à Zurich pour l'assemblée générale de Credit Suisse, pas moins de 22 ont demandé à s'exprimer, sans ménager leurs critiques envers les hauts salaires et rémunérations spéciales.

Outre Dominique Biedermann, directeur de la fondation geneveoise Ethos et l'avocat zurichois Hans-Jakob Heitz, plusieurs petits actionnaires ont également pris la parole samedi dans le Hallenstadion de Zurich. Une assemblée moins fournie que les 4700 détenteurs d'actions UBS réunis il y a 15 jours à Bâle.

Pour la Fondation Ethos, il s'agit d'un «signal clair»: les systèmes qui conduisent à des boni excessifs ne sont plus automatiquement soutenus par les actionnaires.

L'un de ces derniers, un membre du groupe de clients ayant porté plainte contre Credit Suisse pour leur avoir vendu des produits dérivés de la banque américaine Lehman Brothers a pris la parole. Il a jugé les boni «exorbitants et indécents».

Un autre petit actionnaire a effectué quelques calculs avant de déclarer que le salaire de Brady Dougan est 225 fois plus élevé que celui d'un conseiller fédéral, égal à celui de 2225 vendeuses en Suisse ou 500'000 couturières travaillant dans des conditions misérables dans le tiers-monde.

Un autre s’est enfin déguisé en Père Noël pour apostropher la direction de la banque.

En 2009, la groupe a affiché un bénéfice de 6,7 milliards de francs, alors que ce résultat avait atteint 8,22 milliards en 2008. Le premier trimestre 2010 s’annonce prometteur avec 2,1 milliards. Pendant ce temps, la banque attiré des nouveaux fonds pour un montant de 26 milliards de francs.

Matthew Allen à Zurich et les agences, swissinfo.ch

Politique des boni

Suite à la crise financière mondiale et au sauvetage de plusieurs banques par l'argent public, la discussion fait rage sur les rétributions spéciales du secteur.

Le public, les médias et le monde politique ont redoublé de critiques au début de l'année, lorsque certaines banques, notamment aux Etats-Unis, ont manifesté leur intention de renouer avec la pratique des boni à leur dirigeants.

La France et l'Allemagne ont proposé de légiférer pour fixer des maxima. La Suisse y renonce.

La Suisse, la Grande-Bretagne, la France et les Pays-Bas sont en train de négocier une restriction.

L'autorité suisse de surveillance financière (Finma) a introduit une nouvelle réglementation au début 2010. Les banques ont un an pour prouver que leur pratique n'encourage pas une prise de risque à court terme.

Ethos et 8 caisses de pension ont proposé à des assemblées d'actionnaires de se prononcer sur les rémunérations des dirigeants. A ce jour, 14 entreprises cotées au SMI ont organisé un vote consultatif.

Ethos a obtenu aussi une amélioration de la transparence de leur système salarial.

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