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Crime organisé: Bernard Bertossa accuse les autorités suisses d´hypocrisie

Bernard Bertossa (archives), procureur général du canton de Genève.

(Keystone)

Le procureur général genevois reproche aux autorités de mener une sorte de double jeu. Les instances judiciaires sont censées lutter contre le crime organisé mais, en même temps, des lois empêchent une collaboration efficace avec les juges étrangers.

Dans un entretien publié dimanche par la "SonntagsZeitung" de Zurich, Bernard Bertossa souligne qu'en théorie, les dispositifs mis en place contre le blanchiment d'argent sale sont bons, "mais que, dans la pratique, les instruments nous manquent pour faire appliquer les lois. Les autorités suisses jouent ainsi sur les apparences".

Le procureur genevois est également critique à l'égard des réformes prévues au sein du Département fédéral de justice et police. "Depuis que je suis en fonction, et cela fait maintenant plus de dix ans, il y a sans cesse à Berne une quelconque restructuration en cours", souligne encore Bernard Bertossa.

Contrairement à ses prédécesseurs, cependant, la conseillère fédérale Metzler semble, elle, vouloir mener à chef les réformes prévues. Le nouveau procureur de la Confédération a élaboré quantité de nouveaux concepts. "Nous verrons bien, lorsqu'il s'agira de faire passer ces plans dans la réalité, si les autorités fédérales veulent sérieusement lutter contre le crime organisé et s'il y a réellement progrès en ce sens", déclare Bernard Bertossa.

Actuellement, selon le procureur genevois, la collaboration avec l'Angleterre ne fonctionne pratiquement pas. Les demandes suisses d'entraide judiciaire se heurtent sans cesse à des résistances. C'est le cas, par exemple, avec les fonds Abacha. Plusieurs millions de francs ont été bloqués en Suisse mais Londres, malgré les critiques, ne fait toujours rien.

Le jugement d'un tribunal genevois qui a attribué 800 000 francs à Sergueï Mikhaïlov, qui avait été maintenu en détention préventive durant 778 jours à la prison de Champ-Dollon, a été, selon Bernard Bertossa, "une catastrophe".

Mais la justice genevoise est-elle devenue plus prudente à la suite de cette affaire ? "Nous ne pouvons pas choisir seulement les affaires où il n'y a aucun risque", note Bernard Bertossa. "Et la justice n'est pas là pour faire encaisser de l'argent".

D'ailleurs, note encore le procureur, "nos efforts amènent à l'Etat plus d'argent qu'ils ne coûtent". "Au cours des dernières années, nous avons récupéré annuellement sept à huit millions de francs d'argent provenant de délits et ils sont allés dans les caisses de l'Etat".

A propos de la procédure ouverte contre l'intendant du Kremlin, Pavel Borodine, soupçonné d'avoir blanchi de l'argent dans le cadre de l'affaire Mabetex, les actes ont été commis à l'étranger. "Nous sommes donc dépendants de l'aide russe pour étayer nos arguments et fonder nos accusations. Si la Russie ne coopère plus, nous serons probablement contraints, en Suisse, de stopper la procédure ouverte", précise encore Bernard Bertossa.

swissinfo avec les agences

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