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Crime organisé: le diagnostic du Suisse Dick Marty

Pour Dick Marty, il n'est pas certain que la classe politique a compris l'ampleur de la menace. (archives Keystone)

Selon l´ex-procureur tessinois Dick Marty, la Suisse a les instruments juridiques pour lutter contre le crime transfrontalier, mais elle n´a pas les structures pour les appliquer. Un point de vue d´expert au moment où se tient la Conférence de Palerme.

Ces dernières années, l'évolution de la criminalité organisée a suivi celle de la société civile. La globalisation a aussi touché la criminalité, explique Dick Marty. Selon l'ex-procureur du Tessin - qui a également fait partie d'un groupe de magistrats de renommée internationale avec Carla Del Ponte - la criminalité organisée a aussi profité des nouvelles technologies.

Les politiciens, l'opinion publique et la presse suisses n'accordent pas suffisamment d'attention au problème de la criminalité organisée transfrontalière, dénonce Dick Marty. C'est seulement après une longue bataille que le Parlement est parvenu à corriger un projet de loi du Conseil fédéral, transférant la compétence de la procédure pénale contre la criminalité internationale des cantons à la Confédération.

Ce transfert fondamental de compétence avait été combattu par le ministre de la Justice de l'époque parce qu'il jugeait son coût trop élevé (100 millions de francs). Une attitude absurde quand on pense que «pour les munitions courantes de l'armée suisse on dépense 130 millions de francs par année», ajoute Dick Marty.

Autre obstacle: les structures. Durant ces dernières semaines, deux offices importants de contrôle du crime organisé international ont connu des vagues de démission. Ces départs préoccupent le Conseil fédéral.

Dans sa réponse à une interpellation de Dick Marty, le gouvernement promet de procéder rapidement à de nouveaux engagements dans les offices concernés. Il ajoute que ces problèmes ne se posent pas seulement en Suisse. «En comparaison internationale, écrit-il, nous avons un avantage».

Mais Dick Marty n'est pas certain que la classe politique a compris l'ampleur de la menace. «Nous continuons à dépenser deux milliards de francs dans l'armée pour des risques très improbables. Par contre, nous peinons à investir pour des dangers bien réels.»

La Suisse a une des lois les plus modernes au monde, mais, selon Dick Marty, elle ne peut pas l'appliquer, parce que les structures sont insuffisantes. D'autre part, ne faisant pas partie de l'Union européenne, elle est isolée sur le plan international. La Suisse est exclue des accords de Schengen et de Dublin.

Le secteur des banques - au centre des grosses affaires de blanchiment - a tout particulièrement été la cible des critiques internationales. Aujourd'hui, ce secteur réagit. Il a déjà pris des mesures.

Mais il existe encore une culture bancaire au niveau de l'embauche et de la conduite du personnel qui récompense celui qui fait de l'argent rapidement, commente Dick Marty. «Cette culture est dangereuse: une partie du personnel est ainsi tenté de ne pas s'intéresser de trop près à la nature du client».

swissinfo

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