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Crise humanitaire en Irak: le cri d'alarme du CICR

Pour Pierre Krähenbühl, les souffrances infligées aux populations d'Irak sont simplement inacceptables.

(Keystone)

Le Comité international de la Croix-Rouge lance mercredi un appel à des mesures urgentes pour protéger les populations civiles d'Irak contre la violence incessante.

Directeur des opérations du CICR, le Suisse Pierre Krähenbühl espère que la conférence prévue la semaine prochaine à Genève contribuera à mobiliser la communauté internationale.

Le conflit en Irak «inflige une souffrance immense à la population entière, souligne le rapport que publie mercredi le siège du CICR à Genève. Chaque jour, des dizaines de personnes sont tuées et plus encore sont blessées».

L'organisation humanitaire dénonce les «actes de violence commis au quotidien, tels que fusillades, bombardements, enlèvements, meurtres et opérations militaires».

Ces violences «prennent directement pour cible des civils, en violation flagrante du droit international humanitaire et d'autres normes juridiques applicables».

Hôpitaux en ruines

Le rapport met en évidence «l'état alarmant des structures sanitaires irakiennes», conséquence des «graves pénuries» de personnel et de fournitures.

La situation s'est tellement détériorée que bon nombre de médecins, d'infirmiers et de patients «n'osent plus se rendre dans les hôpitaux et les cliniques car ils sont pris pour cibles et menacés».

Citant le ministère irakien de la Santé, Pierre Krähenbühl révèle que «plus de la moitié des médecins auraient déjà quitté le pays».

Les morgues sont remplies de cadavres non identifiés. «Les familles ne savent pas que le corps se trouve là, ou ont peur de se déplacer pour le reconnaître», ajoute Pierre Krähenbühl.

Souffrances inacceptables

Une grande partie des infrastructures vitales, comme l'approvisionnement en eau et en électricité, sont en outre «dans un état critique», en raison du manque d'entretien et parce que l'insécurité empêche les travaux de réparation.

«Les souffrances qu'endurent actuellement les hommes, les femmes et les enfants irakiens sont insupportables et inacceptables», s'insurge Pierre Krähenbühl.

Il est difficile d'obtenir un bilan exact des victimes des fusillades, attentats à la bombe et opérations militaires, explique-t-il. Se déplacer dans Bagdad est aujourd'hui si dangereux que le CICR «n'a pas d'image globale, au jour le jour, de tout ce qui se passe».

La crise actuelle touche directement ou indirectement l'ensemble des Irakiens, mais le rapport attire particulièrement l'attention sur le sort des «groupes vulnérables, notamment les centaines de milliers d'Irakiens obligés de fuir leur foyer et les familles qui les accueillent».

Devoir d'agir

Le CICR demande «à tous ceux qui peuvent influencer la situation sur le terrain d'agir immédiatement afin d'épargner et de protéger la vie des gens ordinaires.

Pour l'organisation, il s'agit là d'une «obligation qui émane du droit international humanitaire et qui incombe aussi bien aux Etats qu'aux acteurs non étatiques».

Pierre Krähenbühl espère que la conférence organisée par le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), mardi et mercredi prochains à Genève, contribuera à mobiliser la communauté internationale et à améliorer la coordination de tous les acteurs concernés.

swissinfo et les agences

Les réfugiés irakiens

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés estime que depuis 2003, quelque deux millions d'Irakiens (sur une population totale de 26 millions) ont quitté leur pays.

En outre, rien qu'en 2006, au moins un demi-million de personnes ont quitté leur maison pour se réfugier dans d'autres parties du pays.

La Syrie accueille environ un million de réfugiés irakiens, la Jordanie 750'000, le Liban 40'000 et l'Egypte entre 20'000 et 80'000.

En 2006, 19'000 Irakiens ont demandé l'asile politique dans un pays européen (10'600 en 2005). La Suède, où résident quelque 90'000 Irakiens, a enregistré à elle seule 47% de ces demandes.

En Suisse, on a enregistré l'année dernière 816 demandes d'asile déposées par des Irakiens. Le chiffre le plus élevé a été celui de 2003, avec 1458 demandes.

A fin 2006, quelque 6000 citoyens irakiens résidaient sur territoire helvétique.

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