Critiques contre l'ambassade suisse d'Abidjan

Des centaines d'Européens ont fuit la Côte d'Ivoire. Keystone

Des ressortissants helvétiques rapatriés d'Abidjan critiquent la gestion de la crise en Côte d'Ivoire par l'ambassade de Suisse.

Ce contenu a été publié le 13 novembre 2004 - 17:05

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) admet certains problèmes, mais assure que les citoyens suisses sont correctement informés.

«L'ambassade n'a fait aucun effort pour m'aider», explique Corinne Moix, rapatriée cette semaine en Suisse avec son fils de 17 mois, après trois ans passés à Abidjan.

Cette Valaisanne de 32 ans reproche notamment à la représentation helvétique de ne pas l'avoir contactée dès le début de la crise.

Un manque d'information

«Nous, les Suisses, n'étions pas assez informés, déplore-t-elle. L'ambassade aurait pu nous appeler pour nous demander ce que nous voulions faire et nous donner des conseils.»

Pendant les émeutes de samedi dernier, des vandales ont pillé sa maison. Corinne Moix et son fils ont alors été pris en charge par les forces armées françaises qui les ont acheminés sur leur base.

Elle a alors contacté le représentant suisse, Johannes Kunz, pour lui demander quelles étaient les possibilités pour regagner la Suisse.

Ce dernier lui a fait savoir que, si elle le souhaitait, elle pouvait se faire évacuer par les Français, mais qu'il n'en voyait pas la nécessité.

«Je lui ai demandé comment j'allais rentrer en Suisse depuis Paris. Il m'a dit de me débrouiller», regrette Corinne Moix.

Sauvée in extremis

Le cas de cette Suissesse n'est pas isolé. Vendredi déjà, dans une émission de la Télévision suisse romande, l'épouse française d'un Suisse de Côte d'Ivoire avait également mis en cause le fonctionnement de l'ambassade helvétique.

La mission suisse ne l'aurait contactée que quatre jours après le pillage de sa maison. Elle a pu être sauvée in extremis avec ses deux enfants par les soldats français.

«Ces circonstances sont exceptionnelles», tente de justifier un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Et Ivo Sieber d'expliquer que les «conditions de travail étaient particulièrement difficiles».

Neuf îlotiers

L'«îlotier» chargé de maintenir le contact avec cette famille aurait lui-même été victime d'un pillage, raison pour laquelle la communication a été enrayée.

Au total, neuf «îlotiers» sont chargés de garder contact avec les Suisses dans les différents quartiers d'Abidjan.

«Ce système de communication fonctionne, précise Ivo Sieber. Même si nous reconnaissons avoir eu des problèmes au début de la crise.»

Selon lui, l'ambassade a informé tous les Suisses des possibilités de quitter la Côte d'Ivoire, en coopération avec la France. Mais, précise-t-il, «nous laissons la décision à chaque individu.»

A ce jour, 31 Suisses ont déjà été évacués et 17 autres ont émis le souhait de quitter la Côte d'Ivoire, conclut le porte-parole du DFAE. Il reste encore 180 citoyens helvétiques sur place.

swissinfo avec les agences

Faits

267 Suisses étaient enregistrés auprès de l’ambassade de Suisse à Abidjan lorsque les violences ont débuté (4 novembre)
Le 8 novembre, le DFAE estimait leur nombre à un peu plus de 200
Depuis lors, 31 Suisses ont été évacués de Côte d’Ivoire
17 autres ont émis le souhait de quitter le pays
180 ont décidé de rester sur place

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En bref

- Le 4 novembre, les forces gouvernementales de Côte d’Ivoire ont bombardé Bouaké, la cité des rebelles qui contrôlent le centre-nord du pays depuis septembre 2002.

- Les deux parties sont séparées par la zone-tampon mise en place par les soldats français et les casques bleus de l’ONU.

- Le week-end dernier, les affrontements entre manifestants favorables au président ivoirien Laurent Gbagbo et les forces françaises ont fait plus de 400 blessés à Abidjan.

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