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Bonnes nouvelles!

Détail de la couverture.

(Ed. Campiche)

La valaisanne, Genevoise d'adoption, Anne-Lou Steinigger publie «Contes des jours volés» aux Editions Bernard Campiche.

Un recueil de nouvelles qui a enthousiasmé l'écrivain et ancien éditeur Rolf Kesselring.

J'ai toujours aimé la nouvelle, les nouvelles... J'ai débuté en écrivant des contes brefs, de courts récits, des histoires en quelques pages: j'étais si pressé d'être publié, d'être lu. J'avais tellement soif de reconnaissance.

À cette époque, les éditeurs disaient volontiers que «Les nouvelles? Cela ne se vend pas!»

Lorsque qu'à mon tour je me fis éditeur, je leur emboîtai le pas. Bêtement. Égaré d'inconscience. J'oubliais que j'avais commencé par en publier, des nouvelles et des contes. Ceux de Richard Aeschlimann, noirs et cruels, mais aussi ceux de Gilles Vigneault, magiques. En ce temps-là, moi aussi j'en écrivais... D'ailleurs, j'en écris encore! Et toujours avec le même plaisir.

Le retour du court

Cette discipline de l'écrit nécessite un tour de main particulier. Elle demande, à l'auteur, beaucoup de style, un talent réel pour créer une atmosphère en quelques mots, en quelques lignes. Et, surtout, il faut aussi savoir chuter avec élégance, avec subtilité ou mæstria. Une plume subtile, acérée comme une lame, devient alors l'arme de l'écrivain.

Depuis une poignée d'années, la nouvelle, le conte, le récit court, toutes ces histoires minuscules, reviennent à la mode. Les journaux et les magazines les mettent au sommaire, peut-être à la mode. Mes ex-confrères éditeurs n'hésitent plus à en publier, de Gallimard à Belfond en passant par d'autres.

Pour être honnête, je dois reconnaître qu'ils avaient toujours produit un recueil de contes par-ci par-là, presque en catimini. Ce qui est changé, c'est qu'aujourd'hui cette pratique est devenue tendance. On en fait des collections spécialisées dans les officines et des gorges chaudes chez les critiques. Aussi, en découvrant que Bernard Campiche s'y mettait, lui aussi, n'ai-je pas résisté.

Anne-Lou Steininger... Je ne connaissais ni l'auteur ni sa production antérieure. J'ai donc ouvert ses «Contes des jours volés» en lecteur à l'esprit pur. J'allais dire vierge !

Trente-cinq contes aux titres quelquefois conventionnels, souvent surprenants. Jugez de ces «Moi qui hurle de faim», «Capitaine des nausées», et, surtout, de cet indicible «Rondisalabalanque mirapolisalice»!

Recueil appétissant

Surprendre le lecteur! Voilà qui est habile. Donc surpris, je plongeai dans l'écume de ce recueil appétissant. Immédiatement, dès le début, je devins, moi aussi, ce clandestin rencontré sur le pont ce cargo en plein océan qui «broyait de la grisaille». Et il ne me restait que quelques jours à vivre.

Plus avant, j'ai frissonné à l'arrivée des Démêleuses de sang, du Tripier et de son chariot à vapeur, sans parler de la troupe des Éviscérateurs, puis l'apparition des Leveuses de chair... À la fin, j'ai soupiré, soulagé, comme «à chaque fois que je nais»...

Saisir le lecteur! C'est une nécessité. Et je l'ai été, lorsque j'ai lu des petites phrases cruelles comme: «Ma mère aurait pu se contenter d'un chien, elle fit un enfant». Ou encore, plaisir du néologisme: «L'Architecte se débabine à force de sourires». L'œil en veut toujours sa part, c'est bien connu. L'esprit aussi.

Ce recueil, je l'ai arpenté dans le désordre géographique le plus absolu. J'ai commencé par le ventre. La tripe recèle des secrets. C'est là qu'on découvre la substance vitale, le feu intérieur. Je l'ai parcouru à l'endroit, puis à l'envers. C'est en renversant l'œuvre cul par-dessus tête, en la mettant sens dessus dessous, qu'on s'assure de son équilibre, de sa profondeur, de sa force.

Je ne connaissais pas Anne-Lou Steininger. Je ne sais d'elle que peu de chose. Il paraît qu'elle est valaisanne et vit à Genève. C'est peu. Mais cela n'a pas grande importance, car j'ai découvert, grâce à ses contes, un auteur (une auteuse?) qui a occupé mon univers le temps de quelques histoires.

Il y a peu, les livres reçus me tombaient des mains. J'en souffrais. Désormais, l'ouvrage d'Anne-Lou Steininger m'a réconcilié avec la lecture.

Lisez-la ! Elle a de multiples secrets à nous livrer...

swissinfo, Rolf Kesselring

Faits

«Les Contes des jours volés» de Anne-Lou Steininger (220 pages).
Chez Bernard Campiche éditeur.
Diffusion en France dès le 15 novembre 2005.

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En bref

- Anne-Lou Steininger est née en 1963, en Valais et vit actuellement à Genève.

- Elle est l'auteur de «La maladie d'être mouche» (Gallimard, 1996), qui a été adapté et joué au théâtre, et du «Destin des viandes» (Editions d'En bas, 2004).

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