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Genève Le Salon du livre en pince pour la Russie



A nouveau des livres en Russe au Salon de Genève.

A nouveau des livres en Russe au Salon de Genève.

(Keystone)

La Russie sera l'hôte d'honneur de l’édition 2015 du Salon du livre et de la presse de Genève. Elle avait déjà occupé cette place privilégiée en 2007, tout comme l’URSS il y a 25 ans. Comment expliquer un tel intérêt de la part des organisateurs?

L'Union soviétique était l’Hôte d'honneur du SalonLien externe du livre et de la presse de Genève en 1990, à la veille de la suppression de la censure. La «Tribune de Genève» écrivait alors que l'URSS et la liberté constituaient le «clou du salon». Les deux mots étaient toutefois à prendre séparément, car les écrivains soviétiques dissidents n’étaient pas admis dans le pavillon officiel. Le concept de «liberté» se référait à la Roumanie qui venait de vivre sa révolution en décembre 1989.

Le dissident Alexandre Zinoviev, avait présenté son livre «Katastroika» sur le stand de la maison d'édition lausannoise «L'Age d'Homme». Son directeur, Vladimir Dimitrijevic, s'était indigné qu'«en URSS on découvre des écrivains des années 20-30, mais on ne publie pas les auteurs en vie.»

La Fédération de Russie avait ensuite été Hôte d'honneur dans la Cité de Calvin il y a huit ans, à l’initiative du président et fondateur du salon, Pierre-Marcel Favre. A cette période, la littérature russe qui s'exportait se caractérisait par une unité relative, et les écrivains Vassili Axionov, Victoria Tokareva, Edvard Radzinsky, et Youri Poliakov étaient venus la représenter.

La décision d'inviter à nouveau la Russie en 2015 a été prise il y a quelques années, explique l'actuelle présidente du salon, la journaliste Isabelle Falconnier. «C'est le résultat de «Swiss Made in Russia», un programme de la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia. Depuis 2012 il a permis d'organiser des échanges entre des artistes russes et helvétiques, et c’est dans ce cadre que la Suisse a participé comme Hôte d'honneur à la foire littéraire «Non/Fiction» à Moscou», dit-elle.

Moment délicat

Vu la situation politique actuelle, plusieurs manifestations à «caractère russe» ont été annulées en Suisse. Le statut d'Hôte d'honneur de la Russie prend-il dès lors un goût de «fruit défendu» susceptible d'attirer des visiteurs à Palexpo, ou au contraire, représente-t-il un bâton dans les roues de l'événement? «Nous estimons que la littérature se situe en dehors de la politique, tranche Isabelle Falconnier. Nous n'avons fait l'objet d'aucune pression.»

Le Salon

Le Salon du livre et de la presse de Genève a lieu chaque année depuis 1987. Il est l’un des événements privilégiés de la vie intellectuelle de la Francophonie. Durant les premières années, il s’agissait toutefois d’un événement professionnel destiné à un public de libraires et de bibliothécaires. Cette année il se déroulera du 29 avril au 3 mai.

L’édition 2015 du Salon du livre c’est:

-Environ 100'000 visiteurs en 5 jours

-32'000 mètres carrés (4 terrains de foot) d’espaces d’exposition

-Plus de 800 maisons d’édition

-Plus de 800 auteurs (écrivains, traducteurs et illustrateurs)

-Plus de 2000 événements (rencontres avec des écrivains, séances de dédicace, débats, discussions, tables rondes, visites pour les classes et ateliers).

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Toutefois, parmi la délégation russe attendue à Genève, - Zakhar Prilepine, Andreï Guelassimov, Evguéni Vodolazkine, Andreï Baldine, Roman Sentchine, Oleg Pavlov, Vladislav Otrochenko et Marina Stepnova -, certains écrivains ont clairement exprimé leur position politique.

Peut-on donc réellement dissocier les deux éléments? «Nous ne nous mêlons pas de la composition de la représentation, répond Isabelle Falconnier. En général, les auteurs qui viennent au salon sont ceux qui sont traduits en français. Tant les lecteurs que les éditeurs devraient donc être heureux de les voir.»

Quoi qu’il en soit, ces derniers temps, la participation ou non à de tels événements est devenue pour les écrivains russes non seulement l’occasion de promouvoir leur travail, mais également d’exprimer leur position citoyenne.

C’est le cas de Mikhaïl Chichkine, le plus suisse des écrivains russes (il est établi à Zurich depuis 1995) qui ne sera pas à Genève. L’auteur avait créé un scandale en 2013 en refusant de faire partie de la délégation officielle russe à la Foire du livre BookExpo America à New York. [Il avait déclaré ne pas vouloir représenter un pays «où un régime criminel corrompu a pris le pouvoir», ndtr]. A l’inverse, Zakhar Prilepine a déclaré au journal «Russian-Switzerland» qu’il serait en avril dans la Cité de Calvin, «prêt à partager avec son pays la responsabilité des événements passés».

Elargir le débat

«Personne n’a refusé notre invitation à faire partie de la délégation. Nous n’avons pas invité Chichkine», pointe Nina Litvinets, coordinatrice du pavillon russe, dont les 400 mètres carrés n’auront pas de murs, pour offrir une ouverture maximale aux visiteurs.

«Actuellement, ce serait un péché pour la Russie de se plaindre d’un manque d’attention des médias internationaux, mais celle-ci se réduit à une seule question: «Que va encore inventer Poutine?», ajoute-t-elle. «Pendant le salon, notre tâche ne sera donc pas seulement de présenter la littérature russe, mais aussi la Russie dans toute sa diversité, aussi bien nationale que géographique ou gastronomique.»

Michel Eltchnaninoff tentera justement de répondre à la question qui passionne l’Occident avec son best-seller «Dans la tête de Vladimir Poutine». Une rencontre est prévue avec les lecteurs en dehors du pavillon russe.

Celui-ci comprendra plusieurs sections: littérature classique, contemporaine, arts, culture, voyages, cuisine russe et apprentissage de la langue. Une section «enfants» présentera une exposition sur les illustrateurs contemporains de livres pour enfants.

Atelier culinaire

Un stand spécial sera dédié à la littérature de la Seconde Guerre mondiale, alors que les Russes célébreront les 70 ans de la victoire sur le nazisme le 9 mai. Un espace «Suisse-Russie» proposera des ouvrages consacrés aux relations diplomatiques et culturelles entre les deux pays, tandis que la Fondation Bodmer exposera des éditions originales de Dostoïevski, Gogol ou Tolstoï, ainsi que des manuscrits de Pouchkine ou Gorki.

Au stand «La cuisine des livres», le chef de la chaîne de restaurants «Tchaïkona n°1», Sergueï Souchenko donnera une master-class intitulée «Que mange-t-on en Russie?». Des discussions, tables rondes, présentation de traductions et autres séances de dédicaces se dérouleront durant toute la durée du salon.

Enfin, des auteurs suisses présenteront leurs propres livres sur la Russie. Ce sera le cas de Guy Mettan, directeur du Club suisse de la presse et député PDC au Grand Conseil genevois, avec «Russie-Occident: Une guerre de mille ans. La russophobie occidentale de Charlemagne à la crise ukrainienne».

Aux visiteurs de «la Place du voyage» seront présentés «Voyages au bout du froid, les 8 pôles de Frederik Paulsen» écrit par Charlie Buffet et Thierry Meyer sur les expéditions du consul honoraire de Russie à Lausanne, le premier homme à s’être rendu sur les 8 pôles de la planète.


Traduction Martine Brocard, swissinfo.ch

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