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Gottlieb Duttweiler, le papa ardent de Migros

Gottlieb Duttweiler, entre commerce et humanisme.

Le cinéaste alémanique Martin Witz consacre un documentaire au fondateur de Migros qui, en 1948, lança à Zurich le premier magasin libre-service d'Europe. Une aventure hors normes menée par un homme qui l'était tout autant.

Des centaines de boîtes de conserve, de sacs de farine, de sucre et de pâtes, des kilos et des kilos de légumes et de fruits attendent glorieusement le consommateur. La caméra suit leur déchargement en vrac dans des bacs en bois, ancêtres des rayonnages métallisés de nos actuels supermarchés. Le chocolat et les chips viendront plus tard.

Mais en attendant, dans une Europe presque affamée, fraîchement sortie de la Deuxième guerre mondiale, cette abondance alimentaire frappe. Le cinéaste insiste sur la générosité du geste et sur son ampleur. Car en cette année 1948, vient de naître le premier magasin libre-service d'Europe.

Homme de conviction

Comment s'appelle-t-il? Migros. Où se trouve-t-il? À Zurich. Qui est son propriétaire? Gottlieb Duttweiler. Ou si l'on préfère «Dutti-Monsieur Migros» comme le nomme le réalisateur alémanique Martin Witz dans son documentaire éponyme consacré au fondateur de l'une de nos plus importantes institutions, Migros, qui compte aujourd'hui parmi les 500 plus grandes entreprises du monde.

Qui était donc Gottlieb Duttweiler? Réponse étonnante de l'un des témoins interrogés dans le film: «Dutti fut à la fois un Che Guevara et un missionnaire avançant sur la pointe des pieds». Autrement dit un lutteur acharné et un homme de conviction qui plaça sa foi dans cette formule: «Mettre le bien privé au service du bien public».

Riche, très riche, mais sobre. Duttweiler était à lui seul le microcosme d'une Suisse où la discrétion jugule toujours l'opulence. Migros reste, elle aussi, à l'image de son créateur: elle marie abondance et simplicité.

A ses débuts, elle n'est pas encore la gigantesque communauté d'aujourd'hui qui regroupe dix coopératives régionales. Elle est tout simplement un commerce ambulant, roulant dans cinq camions-magasins qui sillonnent en 1925 Zurich, avant de parcourir quelques années plus tard la Suisse.

Réguler la concurrence

Migros réalise alors le rêve de Dutti: réguler la concurrence dans le pays. Les prix qu'elle offre donc à la ménagère sont entre 10% et 30% inférieurs à ceux des concurrents, qui grognent .

Duttweiler les fait taire. «Nous plaçons l'homme au centre de nos projets économiques», réplique-t-il.

Ses projets, il veut les élargir, les étendre à l'Europe. Il envoie donc en Allemagne 85 camions-magasins, tous détruits par les Nazis qui pratiquaient de manière forcenée le protectionnisme. Nous sommes alors à la fin des années 30. La guerre tonne. Et Duttweiler s'approvisionne.

Visionnaire, il fait le plein de matières premières. Les Suisses ne manquent de rien quand l'Europe est sans ressources. Et lorsqu'en 1948 naît à Zurich le premier magasin Migros en dur (inspiré du libre-service américain), tout y est en profusion.

Ambitieux, le grand commerçant et l'industriel Duttweiler est également homme de culture et de politique. Il porte plusieurs casquettes. Dans l'Europe d'aujourd'hui, ce n'est pas exceptionnel. Mais on peut dire qu'au milieu du 20e siècle, il fut le pionnier des entrepreneurs enragés.

Le «Pour-Cent-Culturel Migros» (soutien culturel), c'est lui, le parti de l'«Alliance des Indépendants» aussi. Son parti politique obtient, en 1935, sept sièges à la Chambre du peuple. Ses idées dérangent. Contrarié, il casse une fenêtre du Palais Fédéral à Berne.

Il avait sa sagesse mais aussi ses éclats. Certes, Duttweiler n'est ni Berlusconi ni Blocher, duquel on a pu le rapprocher. Dans l'esprit du cinéaste Martin Witz, il reste avant tout celui qui au début du siècle dernier donna à la Suisse une formidable impulsion économique.

swissinfo, Ghania Adamo

Le film

«Dutti-Monsieur Migros» («Dutti der Riese»), documentaire de Martin Witz (Suisse 2007).

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Gottlieb Duttweiler (1888-1962)

Il est né à Zurich dans un quartier ouvrier.

A l'issue d'un apprentissage auprès de la société Pfister&Sigg, il devient associé de la même Entreprise et effectue pour elle plusieurs voyages à l'étranger.

En 1923, la société est liquidée. Duttweiler émigre alors au Brésil en compagnie de sa femme Adèle pour y prendre la direction d'une plantation de café. Il y reste une année.

De retour en Suisse, il s'appuie sur ses expériences acquises à l'étranger pour fonder une organisation commerciale sans intermédiaire.

Le 15 août 1925 naît Migros SA, avec ses camions-magasins qui sillonnent les routes suisses.

Il faut attendre 1948 pour que soit créée, à Zurich, la première Migros en dur, inspirée du système libre-service américain.

Quelques mois avant sa mort, Gottlieb Duttweiler pose la première pierre de l'Institut qui porte aujourd'hui son nom.

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