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Le Tessin rend hommage à un père spirituel

Stefano Franscini tel que présenté ces temps-ci à Lugano.

Tout premier ministre suisse originaire du seul canton entièrement italophone du pays, Stefano Franscini mourait à Berne le 19 juillet 1857.

Le Tessin rend hommage au père de son instruction publique à travers une série de manifestations.

Les écoliers actuels du Tessin – unique canton totalement italophone du pays - connaissent son nom, répercuté par plusieurs rues et places du canton et par la Fondation scientifique du Monte Verità, au-dessus d'Ascona.

Peu savent toutefois que Stefano Franscini, politicien, penseur, homme d'état ouvert à l'esprit européen, a fait faire un grand saut en avant à l'instruction publique et à la culture tessinoises, très en retard sur le reste de la Suisse vers le milieu du 19ème siècle.

150 ans après sa mort, survenue à l'improviste le 19 juillet 1857 à Berne alors que le premier conseiller fédéral tessinois préparait ses valises pour rentrer dans sa terre natale, le Tessin s'en souvient aujourd'hui avec orgueil...

Un esprit ouvert

Stefano Franscini nait de parents paysans le 23 octobre 1796 à Bodio, en Léventine. Cette région du nord du Tessin est alors un baillage du canton germanophone d'Uri.

Tout jeune déjà, le Tessinois fait preuve d'un esprit ouvert et souffre du retard que le Tessin accuse dans les domaines de la législation, l'administration, l'instruction publique et la culture scientifique. En 1815, il s'établit à Milan, où il suit les cours du Séminaire de l'archévêché. Il n'y terminera pas ses études.

La vie dans la capitale lombarde élargit pourtant ses horizons. Il y côtoie des libres penseurs comme l'éducateur Francesco Cherubini ou le juriste Carlo Cattaneo, qui finira ses jours à Lugano dès 1848.

Premières publications

En janvier 1824, Stefano Franscini rentre au Tessin pour des raisons familiales. Malgré l'éloignement géographique, il maintient des contacts et des échanges fréquents avec les intellectuels lombards et vénitiens.

Le futur ministre de l'Intérieur se consacre à l'enseignement et, en 1827, il publie son premier ouvrage - "La Statistique de la Suisse".

Stefano Franscini a aussi à coeur l'instruction obligatoire des jeunes Tessinois. A l'époque, les petits paysans de montagne sont souvent trop pauvres pour suivre l'école régulièrement. Ils sont souvent placés dès leur plus jeune âge.

Le professeur Franscini pense à eux lorsqu'il rédige des manuels pour les écoles primaires. Avec sa femme, la Milanaise Teresa Massari, il devient un pionnier de l'enseignement. Il défend la liberté de presse, prône l'émancipation par l'éducation, lutte contre le pouvoir de l'oligarchie.

Ascension politique

En 1830, Franscini devient Secrétaire d'Etat et, sept ans plus tard, membre du Gouvernement tessinois. C'est le début de sa fulgurante ascension politique.

Son engagement civique ne le distrait cependant pas de sa bataille pour les droits civils et pour l'instruction du petit peuple. Il s'attelle à sa seconde grande oeuvre - "La Suisse italienne" - dont le premier volume sort en 1837.

L'année 1848 marque un tournant dans l'histoire de la Suisse et dans la vie du Tessinois. Les vainqueurs de la Guerre du Sonderbund refondent la Confédération. Le premier Conseil fédéral (gouvernement) est trilingue mais unipartite - exclusivement libéral.

Seul italophone, Stefano Franscini figure parmi les «sept Sages» (ministres). On lui confie la direction du Département de l'intérieur.

Création du Polytechnicum

Ensuite, les avis divergent sur son parcours. Certains biographes évoquent un «conseiller fédéral incompris dont les propositions ne réussirent pas à convaincre ses collègues». D'autres estiment que Franscini ne «s'habitua jamais à la Berne politique et à l'attitude des cantons face à la capitale fédérale.»

Son projet de fonder une Université fédérale échoue en raison justement des réticences des cantons, qui voulaient rester autonomes. Il a plus de chance avec son autre rêve - la création d'un Polytechnicum fédéral (à la renommée aujourd'hui mondiale), qui voit le jour en 1855 à Zurich.

Stefano Franscini aurait voulu y obtenir la «chaire d'économie et statistique en langue italienne». Mais sa candidature est rejetée par les autorités. Amer et déçu, il succombe à un arrêt cardiaque trois mois avant ses 61 ans.

A la Villa Ciani de Lugano

Les célébrations du 150ème anniversaire de sa mort ont débuté en mai avec une grande exposition historique organisée au Musée Civique des Beaux-Arts de la Villa Ciani à Lugano.

On y découvre une série de documents manuscrits et imprimés, des oeuvres d'art, tableaux, dessins, lithographies, des objets et vêtements du grand homme ainsi que des uniformes et des instruments en usage de son temps.

Devant le Musée, dans le parc de la Villa Ciani, la diligence fédérale qui traversait le Gothard vers 1850, reliant Flüelen à Camerlata, symbolise une époque fondatrice pour le seul canton italophone de Suisse. Celle qui initia son ouverture à la modernité.

swissinfo, Gemma d'Urso à Lugano

Stefano Franscini

Premier conseiller fédéral tessinois élu en 1848, chef du Département fédéral de l'Intérieur, Stefano Franscini est considéré comme le «père de l'instruction publique tessinoise.»

Né en 1796 à Bodio dans une famille paysanne, mort le 19 juillet 1857 à Berne, il a fondé le Polytechnicum fédéral de Zurich.

Auteur de nombreuses publications dont «La Statistique suisse» et «La Suisse italienne», Stefano Franscini est paradoxalement peu connu des élèves tessinois de l'école obligatoire.

Souvent cité, il est peu lu même si son oeuvre et sa pensée ont marqué le 19ème siècle au Tessin et en Suisse.

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Célébrations

Du 23 mai au 21 octobre, le Musée civique des Beaux-Arts de la Villa Ciani à Lugano lui consacre une exposition intitulée «Le vie alla modernità» (Les voies vers la modernité), organisée par le Département tessinois de l'instruction publique.

Edité par le canton du Tessin, un catalogue rédigé par le curateur de l'exposition, l'historien Carlo Agliati, parcourt, en 320 pages et 160 planches couleur, les étapes fondamentales de la biographie de Stefano Franscini.

Le 19 juillet, une commémoration officielle aura lieu à Bodio en présence des autorités communales et cantonales.

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