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Paléo: des femmes, des mots et des cris

Olivia Ruiz: il y a une vie après la Star Ac'.

(Keystone)

Olivia Ruiz et Diam's: deux femmes qui jouent avec les sons, avec les mots et avec le public. Lequel est plus réceptif aux invites de la seconde nommée, rappeuse de son état.

Deux temps forts – parmi d'autres – de la soirée de samedi, avant-dernière du Festival.

Il y a deux ans, les programmateurs de Paléo ont refusé d'accueillir la tournée de la Star Academy, cette téléréalité française qui fabrique des chanteurs (surtout des chanteuses en l'occurrence) en quelques semaines. Et il y a cinq ans, Olivia Ruiz était demi-finaliste de cette même Star Academy.

Cherchez l'erreur ? Il n'y en a pas en fait. Certes, la jeune Française admet que son éphémère gloire cathodique «a fait avancer les choses», mais cette fille de chanteur de jazz a toujours aspiré à autre chose qu'à devenir un produit formaté.

Et le pari est plutôt réussi, même si l'on sent que la demoiselle cherche encore un peu ses marques. Furieusement rock, délicieusement bastringue ou chaudement hispano (comme ses origines), sa musique balance bien, soutenue par un band impeccable.

Et cette voix gouailleuse, un peu à la Piaf, fait merveille sur des petites perles comme «J'traîne des pieds», son dernier single, ou «J'aime pas l'amour», un bon gros twist «bien ringard», qui lui donne l'occasion de régler ses comptes avec «toutes ces filles de mon âge qui chantent la même chose». Suivez mon regard...

Iconoclaste, pas vraiment chaude pour «le soleil sur ta peau et le vent dans mes cheveux», Olivia Ruiz note crûment que l'amour sur la plage, «ça fait entrer du sable dans la petite culotte. Et ça pique». Alors, elle préfère nous raconter l'histoire de ce mec «tellement bourré qu'il s'est endormi entre mes seins».

Venant d'une jeune fille d'apparence aussi lisse, ces pointes de grivoiserie ne sonnent pas vraiment juste. Le public peine d'ailleurs un peu à entrer dans le jeu, malgré les efforts que déploie la mignonne pour le faire réagir.

Mais cette légère réserve mise à part, Olivia Ruiz est assurément un talent original... et encore si jeune.

«Diam's, on t'kiffe à donf !»

Changement de décor avec Diam's. Cheveux ras, jeans, baskets et débardeur rouge, la rappeuse affiche les signes distinctifs de sa tribu.

Une tribu qu'elle-même ne croyait manifestement pas si nombreuse à Paléo. Il y a deux ans, elle avait déjà enflammé un chapiteau plein à craquer et cette fois, la tente déborde de partout. Elles et ils doivent bien être 12'000 à l'écouter.

Pas tous forcément de sa tribu d'ailleurs. Car Diam's, qui a réussi le tour de force de s'imposer en tant que fille dans un milieu plutôt macho, parle à un public plus large que celui des sectaires du hip-hop.

Cela tiendrait-il à ses origines ? Bien qu'elle chante le rap sur scène depuis l'âge de 14 ans, cette fille de bonne famille n'a jamais vécu dans les cités... Ou alors est-ce simplement que sa musique, entraînante en diable, est une telle invitation à la fête qu'elle se joue bien des tribus ?

Un DJ, un pianiste et deux choristes suffisent à assurer le groove de base, sur lequel Diam's déclame plus qu'elle ne chante des textes qui font mouche.

Et même sans texte du tout, simplement en disant bonsoir, en présentant ses compères ou en remerciant le staff technique et tous les bénévoles du Paléo, elle parvient à faire hurler le public et soulever des milliers de paires de bras.

Un tel pouvoir sur la foule est réjouissant lorsqu'il sert à lui faire scander le respect, la tolérance ou la colère face à toutes les injustices. Mais lorsque Diam's fait reprendre à 10'000 poitrines «j'emmerde le Front national !», on se dit qu'elle pourrait tout aussi bien leur faire crier «j'aime le jambon et la saucisse !».

Le plaisir de se manifester avec autant d'exubérance semble en effet l'emporter sur le sens de l'exercice.

Mais bon... ce plaisir ne se boude pas. Et ce concert de Diam's a probablement été un des plus fous de ce Paléo. Si la demoiselle revient ici, elle devrait logiquement avoir droit à la Grande Scène. Une première méritée pour une rappeuse.

swissinfo, Marc-André Miserez

La course aux billets

Le Paléo Festival se tient à Nyon, sur le terrain de l'Asse (près de la sortie de l'autoroute), du 18 au 23 juillet.

Tous les billets ont été vendus dans les quelques jours qui ont suivi l'ouverture de la location, à fin avril.

Cette année, Paléo double la mise: ce ne sont plus 500 mais 1000 billets par soir qui sont mis en vente le jour même dès 9 heures sur paleo.ch (billets imprimables à domicile) ainsi qu'aux points de vente Ticketcorner.

Inutile de dire qu'ils filent très vite et que la concurrence est rude.

Aucun billet n'est vendu sur place... si ce n'est au marché noir, comme partout.

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Aujourd'hui dimanche, dernier jour du Paléo

Indochine, Raphael, Novastar, Kill the Young, Zita Swoon, Joseph Arthur, l'Orchestre Amadeus, Balkan Beat Box, Parno Graszt, DJ Zebra, Joseph d'Anvers, Ben Ricour, Stevans et le feu d'artifice

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