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Une scène pour une vraie tragédie

Une image illustrant le spectacle «Les Survivants - Srebrenica, dix ans après».

(DR)

A Genève, le Théâtre Saint-Gervais propose un spectacle-témoignage qui réunit des rescapés des massacres de Sebrenica, aujourd'hui exilés en Suisse.

Le dramaturge lausannois Antoine Jaccoud est à l'origine de cet essai de théâtre documentaire intitulé «Les Survivants».

Sur l'intégration des immigrés en Suisse et sur les tragédies qui déclenchent souvent le désir de s'exiler, il y a eu ces dernières années plusieurs spectacles au Théâtre Saint-Gervais, à Genève. Si tant est que le mot spectacle puisse signifier quelque chose dans ces conditions. Il faudrait ici employer plutôt le terme «témoignage».

Et c'est d'ailleurs sous cette terminologie qu'Antoine Jaccoud, dramaturge lausannois, place «Les Survivants». Soit un essai de théâtre documentaire qu'il présente en 6 épisodes - du 14 au 19 juin.

Ces 'survivants’ ne sont pas des acteurs, mais des rescapés des massacres de Sebrenica, qui vivent aujourd'hui en Suisse. Sebrenica, un nom qui charrie sont lot d'horreurs puisqu'il s'agit de cette ville de l'ex-Yougoslavie que les Serbes prenaient il y a dix ans, après y avoir perpétré les tueries que l'on connaît.

Pas de commémoration

Dix ans déjà! «Les Survivants» pourraient donc tenir lieu de commémoration.

«Pas du tout», rectifie Antoine Jaccoud qui a conçu, en collaboration avec Françoise Boillat, ce spectacle-témoignage. «Il s'agit pour nous, précise le dramaturge, de revaloriser les rescapés en leur offrant la scène comme lieu d'écoute, d'attention et de respect de la parole».

La plupart d'entre eux vivent en Suisse dans des conditions précaires. Certains ont obtenu l'asile, difficilement. Mais beaucoup d'autres doivent se contenter d'un permis de séjour de 6 mois, renouvelable sous réserve.

«C'est une situation intenable, affirme Antoine Jaccoud qui a beaucoup côtoyé les Bosniaques. J'ai l'impression qu'il manque à nos politiques des éléments essentiels pour comprendre leur drame».

Le théâtre s'est donc imposé comme «le lieu idéal d'une réhabilitation des survivants bosniaques que l'exil a déqualifiés», ajoute le dramaturge.

Scène et Cité

A Antoine Jaccoud, Philippe Macasdar, directeur très actif du Théâtre Saint-Gervais, a prêté son plateau comme il l'avait fait auparavant pour d'autres artistes désireux de faire entendre sur une scène les vrais témoins d'une tragédie.

On se souvient, par exemple, de l'expérience réalisée par la metteuse en scène Marielle Pinsard avec cet autre spectacle-témoignage: «Genève, je me souviens». C'était en janvier 2004, Pinsard avait alors réuni sur scène des immigrés chiliens qui ont choisi de vivre en Suisse pour échapper à la dictature de Pinochet.

Cette expérience d'un théâtre à caractère social et politique avait été engagée par Philippe Macasdar en 1995, puis en 1999 à l'occasion de la loi sur l'asile. A l'époque, le directeur de Saint-Gervais disait déjà la nécessité pour une institution théâtrale de se faire l'écho des problèmes du monde, sans forcément passer par la fiction.

La réalité, rien que la réalité, donc, pour faire bouger un peu les spectateurs gâtés que nous sommes, confortablement installés dans la vie.

C'est peut-être là une manière de remettre le théâtre à sa vraie place: la cité

swissinfo, Ghania Adamo

Faits

«Les Survivants», à voir à Genève, Théâtre Saint-Gervais, du 14 au 19 juin.
Témoignages en bosniaque, traduits simultanément en français.
Responsabilité artistique: Françoise Boillat et Antoine Jaccoud.

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